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mardi 31 janvier 2012

Souvenirs d’Oslo ou la Norvège expliquée à ma fille de 7 ans ….

Il y a quinze jours, il a beaucoup neigé dans la région de Chicago. Toute cette neige, cela nous a donné envie d’aller faire du ski de fond pour la demi journée avec les filles … un peu comme au bon vieux temps lorsque nous habitions en Norvège, sauf qu’à l’époque nous n’avions pas d’enfants !

Mais Chicago, ce n’est pas la Norvège. Nous avons donc du nous contenter du Morton Arboretum et de ces quelques miles de piste. Nous avons tout de même fait trois miles … en trois heures. Autant dire, que pour les motiver tout le long, il a fallu que j’y mette du mien et ma tactique, notamment avec ma petite dernière, fut de lui raconter ma propre expérience de ski de fond à Oslo. Voilà ce que cela donne...

- Maman s’est mise au ski de fond à 27 ans … et regarde maintenant comme j’y arrive bien !

Comme pour le norvégien, la pratique du ski de fond a été un passage obligé pour m’intégrer et en faire un sujet de conversation idéal avec les locaux (la dernière piste essayée et aussi les nombreuses gamelles expliquées avec beaucoup de gestes, il faut bien l’avouer). 

- Et il faisait encore plus froid qu’ici, ma petite chérie …

En Norvège, on sort même s’il fait très très froid. D’ailleurs, les norvégiens ont un dicton que depuis j’ai adopté : « il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais vêtements ». Au moins c’est clair : on s’équipe et on sort prendre l’air, de préférence pour faire du ski, un point c’est tout. A moins que vous souhaitiez hiberner six mois … voire plus. 

- Même les bébés, ils faisaient du ski de fond … 
- Maman, j’te crois même pas …

Et pourtant, c’est vrai ! Avoir des enfants en bas âge n’empêche AB-SO-LU-MENT pas les norvégiens de s’adonner à leur activité préférée qui est … vous avez deviné … le ski de fond ! Dès que les enfants savent marcher, les parents les mettent sur des skis et hop ! on traverse le Nordmarka. D’ailleurs une des blagues préférées d’un de nos amis français mariée à une norvégienne était de dire que ses filles étaient nées avec des skis au pied … et d’une certaine manière, c’est un peu vrai. Même si les bébés ne marchent pas encore, ils sont mis bien emmitouflés dans de petites luges que tire généralement le père ou parfois la maman sur de longues distances. 

- Ma puce, j’ai découvert la beauté des paysages nordiques en faisant du ski de fond … C’était tellement beau …

Rien qu’en écrivant ces mots, j’ai des flashs de paysages qui me reviennent : les lacs gelés à traverser, les pistes au milieu d’immenses forêts de sapins enneigés, le silence de la nature et juste le bruit de nos skis qui glissent et glissent encore … Que du bonheur et de la fatigue saine.

La photo parle d'elle-même ... (Norvège, hiver 2001-2002)
- Et puis, on avait toujours une petite récompense une fois qu’on avait atteint la « hytte » (chalet en norvégien) ! 
- Ah bon, c’était quoi ? 
- Un chocolat chaud et une waffle !

Mangée avec bonheur, la waffle, c’était un peu ma carotte pour arriver au bout de la dizaine de kilomètres qu’il fallait parcourir jusqu'à la hytte. Un bref repos avant le retour et la tombée de la nuit … vers 15h30 de l’après-midi. 

- Est-ce que moi aussi je pourrais avoir un chocolat chaud quand on aura fini, mom ? 
- Oui, ma chérie ! 
- Avec des mini-marshmallows dessus ?

Retour à la réalité … 

Et vous, est-ce que vous racontez vos souvenirs d'expat à vos enfants ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

mardi 20 décembre 2011

Mon sapin de Noël d’expat

Mon sapin de Noël, il a une histoire. Forcément, il n’est pas comme les autres car c’est un sapin de Noël … d’expat. Je vous entends rire d’ici. Mais si, c’est vrai. Mon sapin de Noël, il est très spécial. J’y tiens beaucoup. Il fait partie de la famille. Il me rappelle tant de souvenirs. 

D’abord parce qu’il vient du Sri Lanka. On l’a acheté là-bas, chez Arpico. Evidemment, il est en plastique, démontable et pliable. Des critères d’achat très important quand on est expat ! Comme nous, il a beaucoup voyagé : il a été le roi de notre salon à Colombo, Orvault et Chicago. L’année dernière, je lui ai acheté un magnifique sac rouge à roulettes « spécial sapin » pour pouvoir le ranger facilement sans qu’il prenne trop de place et qu’il nous suive encore pendant de longues années lors de nos pérégrinations internationales. Je lui ai aussi offert un très beau tapis de sapin en velours rouge bordé de galons vert, argenté et doré afin de cacher son socle en plastique d’habiller son tronc. Indéfiniment réutilisable, il est donc hyper écolo et je suis ainsi certaine d’assurer une ambiance de fêtes de fin d’année même sous les tropiques. Enfin, avantage non négligeable, il ne perd pas ses épines … Un vrai bonheur.

Ensuite parce que sa décoration est à l’image de notre famille et de notre mode de vie : internationale, globale et nomade. Sur mon super sapin d’expat, en plus des décorations françaises, il y a :
  • de nombreuses boules et décorations norvégiennes : certaines achetées chez Ahlens à Oslo, d’autres, magnifiques et faites mains, l’ont été sur le stand Norvège du bazar de Noël de Colombo. 
Un coeur norvégien marqué "Joyeux Noël" et une bottine de Noël sri lankaise.

Une boule de Noël faite à la main (mais pas par moi) achetée à Colombo sur le stand Norvège du Bazar de Noël.

  • des décorations en tissus colorés sri lankaises sorties tout droit de chez Barefoot (Colombo).

  • des décorations ukrainiennes et chinoises achetées lors de déplacements professionnels. 

Un coeur et un papillon ukrainien ... j'ai aussi un dauphin. 
Un papillon de Shanghai

  • et enfin des décorations typiquement américaines …
Aaahh, un Starbuck ... même dans mon sapin !

Et vous, votre sapin de Noël d’expat, il est comment ? 

lundi 1 novembre 2010

Diary of an oil expat family

Une fois par mois, Expat Forever vous propose une critique sur un ouvrage traitant de l'expatriation. Ce mois-ci, il s'agit du livre d' Heidi Vaughan (Writers Club Press) publié en 2001 et intitulé "Diary of an oil expat family". 


Dans “Diary of an oil expat family”, Heidi Vaughan, mariée et mère de deux enfants, retrace son quotidien lors de son installation à Stavanger en Norvège. Son mari travaille pour une compagnie pétrolière, Conoto. Après avoir vécu et travaillé à Chicago, puis Houston, toute la famille s’embarque pour une nouvelle aventure au pays des Vikings. Son livre commence le 28 février 1998 quelques jours avant le grand départ et se termine le 1er mars 1999 après un an d’expatriation en Norvège.
Le lecteur découvre à travers son journal l’évolution de ses sentiments : après la lune de miel arrive la tempête puis l’accalmie. Heidi Vaughan ne se contente pas de relater son expérience personnelle. Cette aventure est avant tout celle d’un couple et de ses deux enfants en bas âge. Elle y relate les difficultés d’apprentissage de la langue norvégienne, la dure adaptation au climat, la découverte d’une culture et de traditions différentes, et enfin la manière dont sont élevés les enfants norvégiens. 
« Diary of an oil expat family » est donc un très bon exemple de témoignage sur le choc culturel lors d’une expatriation. Les familles qui envisagent de partir vivre à l’étranger pourront en lisant ce livre comprendre et anticiper ce que cette expérience représente. Dans le même temps, vous en apprendrez beaucoup sur la culture et la société norvégienne. 

Cette critique a été publiée pour la première fois sur Writer Forever, le 30/08/2010.
Et vous, avez-vous lu ce livre ? Qu'en avez-vous pensé ? Sa lecture vous a-t-elle aidé ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.



jeudi 17 juin 2010

L'égalité des sexes en Norvège

Aujourd'hui, je fais un retour dans le passé avec ce post sur la Norvège où j'ai vécu de 1999 à 2002. C'est un magnifique pays où les relations hommes-femmes sont beaucoup plus égalitaires que dans le sud de l'Europe.

La première chose qui m’a frappée lors de mon arrivée en Scandinavie et plus particulièrement en Norvège, ce sont les relations d’égalité qui existent entre les deux sexes. La Norvège apparaît alors de premier abord comme un petit paradis où les hommes et les femmes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs tant aux niveaux professionnel que familial. Tous les emplois sont ouverts à la fois aux hommes et aux femmes. Si dans certains secteurs, les femmes sont privilégiées parce qu’elles y sont peu représentées, la situation inverse existe aussi. Par exemple, l’Etat privilégie les candidats masculins aux postes d’assistant ou d’instituteur dans les écoles maternelles parce qu’ils y sont peu présents.
Un domaine où cette égalité transparaît avec force est celui de la politique. La Norvège s’inscrit dans une longue tradition en la matière, notamment depuis le « gouvernement des femmes » de Gro Harlem Brundtland en 1986. La représentation des femmes y était environ de 44% (8 sur 18 ministres). De la même manière, le gouvernement de Jens Stoltenberg (Parti Travailliste) de 2000 à 2001 était composé de huit femmes sur un total de 18 membres. Enfin après un remaniement ministériel en 2007, les femmes sont majoritaires au sein du gouvernement actuel norvégien avec un total de 10 postes occupées par des femmes sur un total de 19. Cette situation tranche donc nettement avec celle de la représentation des femmes en politique en Europe continentale.
Quant à la vie familiale, le partage des tâches est affirmé. L’une des meilleures illustrations est l’organisation du congé parental norvégien : fødselpermisjon. A la naissance de l’enfant, la mère a la possibilité de rester à la maison pour s’occuper du nouveau né soit pendant 42 semaines avec son salaire complet soit 52 semaines avec 80 % de son revenu professionnel. Une seule condition est posée par l’administration : le père doit rester à la maison pendant quatre semaines lors du congé parental. S’il ne l’utilise pas, la fødselpermisjon en sera réduite d’autant. L’objectif de cette mesure était de voir davantage de pères norvégiens se préoccuper de leur progéniture. Ce pari semble réussi puisque de plus en plus de jeunes papas choisissent cette solution. Certains décidant même de partager entièrement ce congé avec leur femme.

Si certains combats restent encore à mener dans le domaine de l’égalité des sexes en Norvège, il est certain qu’une bonne partie du chemin a d’ores et déjà été parcouru. Néanmoins, en observant mes amies norvégiennes j’ai pu remarquer que la conquête et l’obtention de leur droit avaient transformé non seulement leur féminité mais aussi leurs relations avec le sexe opposé. En tant que continentale, j’avais parfois l’impression d’être une extra-terrestre tout simplement parce que j’exprimais ma féminité (attitude vestimentaire, maquillage etc. …). La société norvégienne m’apparaît comme une société unisexe où les signes extérieurs de féminité sont comme refoulés. Les relations entre les hommes et les femmes sont certes plus directes et moins complexes qu’en France mais du même coup tout ce qui vous fait vous sentir femme n’existe pas ou peu. Par exemple, toutes les expressions de galanterie sont inexistantes et si parfois elles le sont, elles risquent d’être mal interprétées tellement l’égalité entre les sexes est ancrée au sein de la société norvégienne. Bien sûr, il s’agit d’impressions et il y aura heureusement des exceptions qui les contrediront. Toutefois cette tendance de la société norvégienne contemporaine pose une question centrale : le féminisme et l’égalité des sexes peuvent-ils à terme remettre en cause la féminité et l’identité féminine ?

Ce texte a aussi été publié sur Femmexpat le 26 mai 2009.

Quelles sont les relations hommes-femmes dans votre pays d'expatriation ? Avez-vous ressenti une nette différence par rapport à la France ou à votre pays d'origine ? Faites-nous part de votre expérience.

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