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mardi 20 décembre 2011

Mon sapin de Noël d’expat

Mon sapin de Noël, il a une histoire. Forcément, il n’est pas comme les autres car c’est un sapin de Noël … d’expat. Je vous entends rire d’ici. Mais si, c’est vrai. Mon sapin de Noël, il est très spécial. J’y tiens beaucoup. Il fait partie de la famille. Il me rappelle tant de souvenirs. 

D’abord parce qu’il vient du Sri Lanka. On l’a acheté là-bas, chez Arpico. Evidemment, il est en plastique, démontable et pliable. Des critères d’achat très important quand on est expat ! Comme nous, il a beaucoup voyagé : il a été le roi de notre salon à Colombo, Orvault et Chicago. L’année dernière, je lui ai acheté un magnifique sac rouge à roulettes « spécial sapin » pour pouvoir le ranger facilement sans qu’il prenne trop de place et qu’il nous suive encore pendant de longues années lors de nos pérégrinations internationales. Je lui ai aussi offert un très beau tapis de sapin en velours rouge bordé de galons vert, argenté et doré afin de cacher son socle en plastique d’habiller son tronc. Indéfiniment réutilisable, il est donc hyper écolo et je suis ainsi certaine d’assurer une ambiance de fêtes de fin d’année même sous les tropiques. Enfin, avantage non négligeable, il ne perd pas ses épines … Un vrai bonheur.

Ensuite parce que sa décoration est à l’image de notre famille et de notre mode de vie : internationale, globale et nomade. Sur mon super sapin d’expat, en plus des décorations françaises, il y a :
  • de nombreuses boules et décorations norvégiennes : certaines achetées chez Ahlens à Oslo, d’autres, magnifiques et faites mains, l’ont été sur le stand Norvège du bazar de Noël de Colombo. 
Un coeur norvégien marqué "Joyeux Noël" et une bottine de Noël sri lankaise.

Une boule de Noël faite à la main (mais pas par moi) achetée à Colombo sur le stand Norvège du Bazar de Noël.

  • des décorations en tissus colorés sri lankaises sorties tout droit de chez Barefoot (Colombo).

  • des décorations ukrainiennes et chinoises achetées lors de déplacements professionnels. 

Un coeur et un papillon ukrainien ... j'ai aussi un dauphin. 
Un papillon de Shanghai

  • et enfin des décorations typiquement américaines …
Aaahh, un Starbuck ... même dans mon sapin !

Et vous, votre sapin de Noël d’expat, il est comment ? 

samedi 19 novembre 2011

Souvenirs du Sri Lanka : premières découvertes ...


Bien avant les courses dans les marchés et les supermarchés locaux, il y a eu le choc de l'arrivée et mes premières découvertes aux alentours de l'appart-hôtel où nous sommes restés temporairement. Voici la suite (ou plutôt le début) de mon séjour à Colombo (2002 - 2005).

Quelques jours après notre arrivée à Colombo, nous quittons l’hôtel Transasia pour le Hilton JAIC Tower. C’est une grande tour que l’on peut voir de loin dans Colombo . Elle est rapidement devenue un repère pour moi dans le paysage urbain de ma nouvelle ville. Cette tour n’est pas un hôtel mais un appart-hôtel. Elle est composée d’appartements de taille différente mais tous meublés et décorés de manière identique. Une cuisine équipée donne sur une petite buanderie extérieure où se trouve une machine à laver et une petite chambre pour une éventuelle bonne ou nanny. La cuisine est sombre et même en pleine journée il faut allumer la pièce pour s’y servir un verre d’eau. Il y a deux salles de bain, deux chambres avec de multiples rangements, un grand lit. Mais surtout il y a cette immense pièce à vivre dans laquelle on rentre immédiatement lorsque l’on ouvre la porte d’entrée. Le mobilier est moderne mais très impersonnel. 

Un homme de ménage vient tous les jours faire le nettoyage. Je n’ai pas l’habitude. Je suis gênée. Je n’assume pas. J’essaie de lui parler, de savoir depuis quand il travaille ici. Il est jeune, souriant et à de magnifiques dents blanches. Le troisième jour, c’est quelqu’un de différent. Je comprends vite qu’il ne faut pas que je cherche à trop en savoir sur eux ni à faire la conversation car je ne les reverrai peut-être pas. Mais j’ai tellement besoin de parler à quelqu’un. Je n’ouvre la bouche que pour dire bonjour et au revoir. L’homme de ménage est la seule personne avec qui je peux parler un peu. Mais il faut que je le laisse travailler. Il a encore tant de chambre à nettoyer, lui … Il me pique mon boulot finalement, la seule chose qui pourrait m’occuper un peu le matin, faire le ménage et pourtant dieu sait que je n’aime pas cela !

Au JAIC, il y a tout sur place : la salle de gym, la piscine extérieure, un petit square pour les enfants. Et il y a aussi … le room service. Si je n’ai pas envie de cuisiner, je n’ai qu’à prendre le téléphone et hop ! le tour est joué. De quoi devenir une vraie feignasse. 

Mais le top du top, c’est le supermarché juste en bas, à moins de cinq minutes à pied de la tour. Tout a été prévu. J’y suis allée hier pour la première fois. Une fois à la caisse, un employé se charge d’emballer mes courses. Je ne sais pas si c’est pareil ailleurs mais c’est très agréable. Une fois le caddie rempli, l’employé me demande si j’habite au JAIC. Un peu suspicieuse, je lui réponds tout de même que oui. Je me demande bien pourquoi il veut savoir cela. Il commence à pousser mon caddie et à partir devant moi. Je lui demande où il va avec mes courses. Il me répond avec un immense sourire blanc : « Je vous emmène vos courses dans votre appartement, Madame ». Nous entrons au JAIC. J’ai un peu honte. Je ne suis pas manchote quand même, mais bon j’avoue que c’est bien pratique. J’ouvre la porte. Il sort les sacs deux par deux et me les pose sur le sol de la cuisine. Intérieurement, je me demande s’il les range aussi dans le frigo. Ce serait cool. Je n’ose pas faire la remarque. Je ne suis pas certaine qu’il comprendrait mon humour. J’hallucine. Mais qu’est-ce que je vais faire si tout le monde me fait tout ?

samedi 12 novembre 2011

Souvenirs du Sri Lanka : les courses dans les petits marchés de quartier


Dans mon dernier billet sur le Sri Lanka, je vous ai parlé des courses au supermarché. Mais le plus intéressant, c'était d’aller dans les petits marchés de quartier. Voici mon expérience. 

Le premier que j’ai visité est le Colpetty market (ou Kollupititiya), situé non loin de Galle Road. Il est possible de s’y garer sans trop de difficulté. Une vieille femme, pas toujours commode, m’indique où me mettre alors que le parking est vide. Le marché est sur plusieurs étages. Les marchands de fruits et légumes se trouvent au rez-de-chaussée. Les fruits sont bien rangés et propres : les pommes brillent, les oranges, énormes, reluisent et des régimes entiers de banane pendent à des crochets. Et puis, il y a le boucher ou plus simplement le vendeur de viande. La barbaque est transportée à dos d’homme depuis le camion plus ou moins réfrigéré jusqu'à l’échoppe du boucher … pas réfrigérer du tout. Inutile de préciser que le livreur ne porte ni blouse blanche, ni chapeau protecteur, ni gants. La viande pend à l’air libre à un gros crochet. Les mouches s’y collent selon leur bon vouloir et l’odeur est plus que gênante. La découpe se fait a même le morceau de barbaque. Les mouches s’envolent à l’approche du couteau. 

A l’étage supérieur, c’est plus calme. On y trouve tous les petits ustensiles pour la cuisine et le ménage : de la cuillère en bois jusqu'à la batterie de casserole en aluminium en passant par les serpillères et les torchons. Quand je rentre dans une petite échoppe, on m’en laisse difficilement ressortir. Je veux une cuillère en bois, le vendeur en profite pour me montrer ses casseroles rutilantes en aluminium, des serpillères à carreaux blancs et bleus. Chaque échoppe fait vivre une famille au sens large du terme : le père, la mère, les enfants, les grands-parents. Ils sortent les uns après les autres pour me convaincre, me voir, me dévisager … Ce n’est pas tous les jours qu’une blanche vient les visiter !

A proximité de chez moi, il y a aussi un petit marché. C’est finalement dans celui-ci, beaucoup plus pratique, que j’achète mes fruits et légumes plusieurs fois par semaine. J’y vais généralement à pied avec plusieurs paniers et je reviens en touk-touk pour ne pas souffrir de la chaleur en plus du poids des paniers. On y trouve bien plus que des fruits et légumes : différentes catégories de riz et de légumes secs, des épices, des oiseaux, etc. … La plupart du temps, je me contente d’y acheter mes salades, d’énormes tomates, des mangues, des papayes, des ananas, des mandarines chinoises, des avocats, … Je ne m’aventure pas trop au fond du marché pour des raisons d’hygiène, me contentant de fréquenter le premier rang d’échoppes. 

C’est grâce à ce petit marché que j’ai découvert des légumes et des fruits locaux. Les vendeurs me conseillent, je les écoute. Ma première tentative n’a pas été concluante. J’ai acheté des « lady’s fingers », tout un programme. C’est un légume long et vert pas plus gros qu’une petite carotte. Il est très utilisé dans la cuisine asiatique. Je n’ai pas su les cuisiner. Ils sont devenus très gluants et pas très appétissants. Par la suite, j’ai acheté des durians, des fruits étranges tant dans leurs aspects intérieur qu’extérieur, leur texture et leur odeur … de pourriture. Immangeable. Je pense que je me rappellerai toujours du visage de Vajira me disant « Good, good, Madam !! », en reproduisant indéfiniment un petit cercle de la main devant son ventre rebondi mais ferme et moi incapable de mettre un morceau dans ma bouche tant l’odeur du fruit était insupportable. 

Les échoppes de ce marché sont toutes petites. Les marchands essayent de m’attirer en me parlant et évidemment je ne comprends rien. Un jeune vendeur de légumes me baragouine quelques mots d’anglais. Il devient mon fournisseur officiel. Il y a une rigole qui circule entre les échoppes. C’est plutôt sale. Une variété d’odeurs me monte à la tête. Mes cinq sens d’occidentale élevée dans la propreté et l’organisation rigoureuses ne s’adaptent pas. Ils sont trop sollicités. 

samedi 5 novembre 2011

Souvenirs du Sri Lanka : les courses au supermarché


Au printemps 2011, j'ai commencé à relater mes souvenirs du Sri Lanka. Tout doucement mais sûrement, je remonte dans le temps de cette expatriation pas comme les autres (2002-2005). 

Afin de faire mes courses à Colombo, je dois rapidement m’organiser. Pour la conservation des aliments pendant les trajets entre la maison et le supermarché, j’achète une énorme glacière avec des plaques de glaçons. Tout cela à cause de la chaleur étouffante et humide du pays. Il faut aussi partir au bon moment, c’est-à-dire le matin à l’ouverture du supermarché. L’objectif est d’éviter les embouteillages pour que les glaçons fassent encore effet lorsque j’ai fini les courses et qu’il faudra faire le chemin inverse dans les embouteillages. Une fois de retour à la maison, je dois rapidement tout décharger et tout mettre au frais pour éviter qu’il n’y ait une rupture de la chaîne du froid, que les yaourts ne tournent, que le lait ne caille. Nous avons été malades quelques fois. Je me demande encore aujourd’hui comment cela n’a pas été le cas plus souvent. Au rayon viande de mon supermarché « préféré », je n’ose pas prendre autre chose que du poulet et des saucisses. Le poulet est congelé, j’en suis certaine, car les morceaux bien qu’emballés sont durs comme de la pierre. J’ai toujours la crainte qu’ils ne soient recongelés par mégarde alors que pendant le trajet, ils ont eu le temps de décongeler.

Je trouve presque de tout dans mon petit supermarché. Quand je dis « presque tout », je ne parle que de nourriture et de produits ménagers. Il est situé assez loin de chez moi mais c’est un des rares supermarchés où je peux trouver des produits qui correspondent à ce que je connais tout en répondant à un minimum d’hygiène. Et puis, on y trouve aussi régulièrement des marques de produits alimentaires français, américains et européens. Par conséquent, j’y croise aussi souvent des membres de la communauté expatriée.

Ce supermarché ne ressemble pas à nos supermarchés français où l’on trouve absolument tout, de la parapharmacie aux vêtements en passant par les rayons boucherie, poissonnerie, pâtisserie, j’en passe et des meilleures. C’est plutôt une superette aux allées étroites et peu lumineuses, avec de petits caddies, cinq caisses mais seulement deux de constamment ouvertes. La superette est divisée en deux parties. D’un côté, les produits frais dans une partie surélevée par quelques marches. De l’autre côté des caisses, tous les produits secs. Je commence généralement ma tournée par cette partie et termine par les produits frais. Le rayon légumes d’abord sur la gauche en entrant, le rayon charcuterie – viande au milieu et suivi par un mini rayon poissonnerie peu fréquenté non seulement par la clientèle mais aussi par le personnel. Enfin, à gauche, le rayon laitier très prisé par les expats locaux. De temps en temps, il y a des yaourts Yoplait, un petit moment de plaisir et de fraîcheur. Il arrive même qu’il y ait des yaourts Yoplait pour bébé. Alors là, c’est à la fois l’effervescence et le téléphone arabe. Toutes les mères expat s’agitent devant le rayon et sortent leur portable pour téléphoner aux copines : « Il faut absolument que tu viennes ! Ils ont des Yoplait pour bébé. Je t’en achète combien de pack ? » J’imagine alors le bébé en train de manger quatre fois par jour des yaourts avant la date de péremption. Il faut en profiter tant qu’il y en a, car cela ne va pas durer. J’avoue que moi aussi je succombe devant certains produits parfois rares ou régulièrement en rupture de stock. Mon objet de prédilection : les couches Pampers, car les couches culottes locales bien qu’utiles ont occasionné des débordements massifs et réguliers en tout genre. Pas la peine de faire un dessin. Alors, quand il y en a, j’en prends plusieurs gros paquets toutes les semaines. Je stocke. 

mardi 24 mai 2011

Souvenirs du Sri Lanka : drôles d'animaux !

Il y a 10 jours, je vous ai fait part de mes découvertes en matière de faune locale lors de mon séjour à Colombo, Sri Lanka (2002 – 2005). Voici la suite de mes aventures avec les animaux tropicaux … 
  • Frankensteins
Nous sommes sur le toit de la maison qui nous sert aussi de terrasse. Il est six heures du soir. Dans quelques instants, il fera nuit. C’est impressionnant la vitesse à laquelle la nuit tombe sous les tropiques. C’est comme si quelqu’un descendait un rideau de fer et hop ! en trois minutes, il fait nuit.
Le ciel est encore bleu. D’un seul coup, nous les voyons arriver par dizaines se dirigeant toutes dans la même direction. Au début, je pense qu’il s’agit juste de gros corbeaux. Mais en y regardant de plus près, je constate avec frayeur que ce sont des chauves-souris. A la tombée de la nuit, c’est bien connu elles sortent. Leur taille est impressionnante. Rien à voir avec nos petites souris volantes d’Europe continentale qui virevoltent l’été dans les campagnes. Non, ici elles sont gigantesques : des gros rats en quelque sorte avec des ailes d’une large envergure. Répugnant. Je me demande bien ou elles peuvent dormir le jour, histoire d’éviter l’endroit. J’aurais ma réponse quelques temps plus tard, lors d’une ballade dans le parc de Colombo. A l’entrée, un jacquier centenaire fait de l’ombre aux familles et aux amoureux. En plus de ses fruits, des dizaines de chauve-souris pendouillent aux branches la tête en bas. De temps à autre, l’une d’entre elles s’étire et déploie ses ailes, sûrement une insomniaque ! Elle frétille et se recroville en s’entourant à nouveau de ses ailes qui lui servent de camouflage. On dirait vraiment des mini-Frankensteins. Je hâte le pas. Je préfère souffrir de la chaleur et du soleil plutôt que de rester là-dessous. 
  • Rencontre du troisième type
J’ai rencontré mon premier varan. La bestiole est impressionnante. D’un beau vert, elle se déplace lentement mais sûrement. Je suis curieuse. Je m’approche. Je photographie … Mais je ne touche pas. On ne sait jamais. D’après les locaux, ils ne sont pas méchants mais s’ils ont vraiment très faim, ils peuvent attaquer. Ils préfèrent alors les proies faciles … les bébés, par exemple. Mais qu’est-ce que je suis venue faire dans cette galère ?
J’ai rencontré mon deuxième varan. Cette fois-ci, il avait décidé d’emprunter la route. Plutôt lent, il a créé un embouteillage, comme s’il n’y en avait pas assez ici. Forcément, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre les derniers descendants des dinosaures, alors même les locaux ralentissent, voire s’arrêtent pour admirer le spécimen. Complètement tropicalisée, je m’impatiente et klaxonne la voiture de devant dont la passagère se contorsionne par la fenêtre pour immortaliser la bébête. J’hurle : « Ben quoi, t’as jamais vu un varan sur une route sri lankaise ! ». Décidément, ce pays me fait perdre les pédales. 
  • Le coup du serpent
Il est dix heures du soir. Nous sommes dans notre bureau commun au premier étage. Tout à coup nous entendons des coups. Cela vient du garage. Nous descendons précipitamment les escaliers. Mon époux attrape au passage un club de golf. On ne sait pas à quoi s’attendre d’autant que les coups s’accélèrent. Nous franchissons la porte qui donne sur le garage. Le garde de sécurité est en nage, à moitié déshabillé et les yeux exorbités, ils nous regardent un bâton à la main et prononce nerveusement : « Snake, snake, snake ! ». Il l’a tué. Il était en train de faire un somme (on est super bien gardé !) lorsqu’il l’a senti sur lui. Je n’ai pas pu dormir de la nuit.

Et vous, est-ce que des petites bêtes ou de tous petits détails ont transformé votre vie quotidienne en expatriation ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

samedi 14 mai 2011

Souvenirs du Sri Lanka : histoires de petites bébêtes.

J’ai vécu à Sri Lanka de 2002 à 2005. Voici quelques petits souvenirs de mon quotidien sur l’île de Ceylan. Bonne lecture !


Une des nombreuses nouveautés de mon quotidien d’expat à Sri Lanka est la faune locale. Après notre emménagement dans la jolie maison blanche au fond de Thimbirigasyaya Road, je découvre étape par étape les joies de la vie en maison individuelle … sous les tropiques. 

Leçon numéro 1 : 
Ne jamais oublier de balayer ou de faire balayer de manière systématique après chaque repas, goûter ou autres petits encas. Je l’ai appris à mes dépends. Je ne suis pas une spécialiste des insectes, mais je peux dire qu’à Colombo il existe une grande variété de fourmis : des petites noires, des petites rouges, des grosses noires, des grosses rouges, des qui piquent, des qui ne piquent pas, des volantes, des pas volantes, etc. … Mais ce qui est certain, c’est qu’elles rappliquent toutes dès que vous laissez trainer la moindre petite miette ou le moindre petit grain de riz. 

Leçon numéro 2 : 
Arrivant de Norvège où j’ai aussi connu un épisode « fourmillant » (en plus de nombreux épisodes neigeux), j’ai eu envie de recomposer un décorum plus ou moins familier dans ma cuisine en alignant mes bocaux de farine, de sucre, de riz et autres produits secs. Bien m’en a pris. Après quelques jours, j’ai découvert des lignes de fourmis allant de mes bocaux vers la porte extérieure de la cuisine. Elles portaient consciencieusement sur leurs dos mes grains de riz. La farine et le sucre sont plein de mini-bestioles rondes et noires. Placer mes bocaux à l’intérieur de mes placards ne changera rien au problème. C’est au frigo qu’il faut mettre tout cela. C’est ainsi que le frigo est devenue mon armoire magique. J’y mets tout : le pain, le sucre, le chocolat, les pates, le riz, j’en passe et des meilleurs. Pour conserver les aliments de base à l’abri des insectes en tout genre, il faut les placer dans un endroit hermétique et froid, ou aucune bestiole à six pates ne peut les atteindre. Il a vite fallu se rendre à l’évidence : il nous faut une deuxième armoire magique !!!

Leçon numéro 3 : 
Les fourmis ne sont pas les seules à affectionner mon petit logis. Aux fourmis s’ajoutent les cafards. Et les cafards sri lankais n’ont rien à voir avec les cafards français. Ils sont beaucoup plus gros (la taille d’un gros caillou), beaucoup plus noir et surtout … ils volent. Dès que j’ai aperçu mon premier cafard sortant du trou de ma baignoire, j’ai décidé d’utiliser les grands moyens. J’ai fait appel à Rentokil, le roi de la kill !!! Rentokil est une société spécialisée dans l’élimination de tout type d’insectes par l’utilisation d’insecticides. Une fois par mois, Monsieur Rentokil arrive sur sa mobylette avec son karcher manuel. Il enfile de grosses bottes en caoutchouc avant de pulvériser consciencieusement du produit chimique sur tous les murs de la maison à l’intérieur et à l’extérieur. Dès qu’il arrive, c’est le branle bas de combat dans la maisonnée. Il faut dégager tous les murs de tous les objets encombrants. Les jouets de Lisa sont rassembler en tas au milieu de la pièce afin qu’ils ne reçoivent pas une goutte de produit. Il faut donc tout déplacer avant son passage fatal. Ensuite, il faut laisser sécher le tout et ne pas passer la serpillère pendant 24 heures afin que le produit fasse effet. Après le passage de Rentokil, Vajira, ma femme de ménage, s’applique à ne pas passer la serpillère sur les plinthes : « careful, Madam, careful » me dit-elle en me montrant du doigt le bas des murs aspergés la veille par le produit miraculeux censé nous protéger d’une multitude de petites bestioles. 

Leçon numéro 4 : 
Tant bien que mal, je m’habitue à la compagnie de cette multitude d’insectes locaux. Ceux qui m’embêtent le plus mais contre lesquels je ne peux pas faire grand-chose, ce sont les moustiques. Ces charmantes petites bébêtes sont toujours porteuses de la dengue à Colombo. L’unique solution, la prévention : dormir sous une moustiquaire avec la clim en s’étant pulvérisé d’anti-moustiques est devenu une habitude. Il faut éviter au maximum que de l’eau ne stagne et ne croupisse autour de la maison, afin que cela n’engendre une reproduction en masse de moustiques. Une prévention efficace pour éviter la dengue est aussi de laisser faire Mère Nature. Il faut pour cela laisser les geckos entrer dans la maison pour qu’ils mangent ces insectes peu appréciés par nos peaux d’occidentaux. J’ai donc laissé courir selon leur bon vouloir ces charmants petits lézards de taille variable sur les murs de ma maison. Au départ, je me suis étonnée de voir coller sur les murs des petites tâches marron et blanches. Au bout de quelques semaines, j’ai enfin compris que si je voulais que les geckos fassent leur travail d’avaleur de moustiques, il fallait aussi que j’accepte leurs déjections … sur mes murs. Charmantes tapisseries !! De temps à autre, je retrouve aussi un cadavre de gecko qui n’a pas résisté au passage de Joe la Kill. Je comptabilise les dommages collatéraux, conséquence inévitable de cette guerre sans merci que je livre quotidiennement aux insectes locaux. 


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lundi 24 mai 2010

Le choc de l’arrivée


Lors de notre arrivée à Chicago, c’est le niveau sonore des conversations des locaux dans les cafés et restaurants qui nous a le plus marqué. Je me rappelle que ma fille aînée se bouchait les oreilles en disant : « Qu’est-ce qu’ils parlent fort ! ». Il faut dire que lorsqu’on a 5 ans et demi et que l’on vient de faire un voyage intercontinental de plus de 10 heures, on a besoin de calme.
En ce qui me concerne, le choc de l’arrivée je l’ai surtout vécu à Sri Lanka en juillet 2002. Le trajet entre l’aéroport de Bandaranaike et la capitale de Colombo a été une douche froide ! J’en garde un souvenir précis gravé à jamais dans ma mémoire. Souvenirs, souvenirs !

Juillet 2002 :
Depuis le hublot, mon mari et moi observons le paysage. Après l’océan, une multitude de verts intenses se succède. Le voyage a déjà été un dépaysement total : les hôtesses en sari, les saveurs épicés du repas auquel j’ai à peine touché, les conversations incompréhensibles des voyageurs en cingalais ou en tamoul. La piste d’atterrissage est là. Nous descendons de l’avion et la chaleur humide du Sri Lanka s’abat sur nous. Mon mari et moi découvrons le Bandaranaike Airport. Il semble vide. Nous récupérons nos bagages et sortons en espérant que comme convenu quelqu’un est bien venu nous chercher. Une jungle humaine brandie des affichettes bricolées. On essaie de nous toucher. Ca crie de partout. J’ai l’impression d’être dans un film, dans ces scènes de foules et d’aéroport ou tout le monde essaie de vous attraper. Mon mari aperçoit une affichette à son nom, nous sommes sauvés.
Un chauffeur que j’ai à peine le temps de dévisager nous prend nos bagages. Nous montons dans un énorme 4x4 aux vitres teintées. A l’intérieur, la fraîcheur de la climatisation me fait du bien. Il va bien falloir ça car le voyage n’est pas terminé. Il nous faut maintenant atteindre la capitale, Colombo. Le trajet sera chaotique au sens propre du terme. Je regrette déjà les nids de poule des rues d’Oslo. La route n’en est pas vraiment une, plutôt du raccommodage, mais s’il n’y avait que cela. Ce trajet me fait vite comprendre qu’ici sur la route c’est la loi du plus fort (et donc du plus gros). En premier les bus, en second les camions, puis les 4x4 et tout au bout de la chaine les piétons qui n’ont absolument aucun droit ni espace de survie. Ici, les trottoirs n’existent pas. Entre les 4x4 et les piétons, il y a une multitude de moyens de transport : touk-touk, motos qui servent à une famille de cinq (si, si, c’est tout a fait possible), charriots tirés par des vaches locales … Bref, le dépaysement est total. Je n’en demandais pas autant.
Une fois que ma surprise liée aux comportements des automobilistes locaux et à l’état des infrastructures routières du pays ait été dépassée, mes yeux se posent sur ceux qui vont faire mon quotidien pendant trois ans. Il est 6 heures du matin et déjà une multitude d’entre eux se rendent sur leur lieu de travail. Ils vont pied nus. Comment font-ils pour marcher ainsi sur la route déjà brulante ? Les sri lankaises ont des cheveux noirs d’une longueur stupéfiante. Les saris flamboyants des femmes et les sarongs à carreaux lumineux des hommes embellissent les premiers rayons du jour. Des chiens en bande courent le long de la route. Les familles sortent des maisons. Des petites filles portent des uniformes blancs : elles partent sagement à l’école. Un reliquat de l’empire britannique.
Enfin, le chauffeur nous dépose devant notre hôtel. Il me fait un magnifique sourire et me dit « Ayubowan ! » en joignant les mains. Ca y est, j’y suis. Je suis à Sri Lanka, l’ile resplendissante.

Et vous, qu’est-ce qui vous a choqué, surpris ou amusé lorsque vous êtes arrivé pour la première fois dans votre nouveau pays de résidence ? Faites-moi part de vos expériences et anecdotes.

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