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dimanche 10 mars 2013

Mon témoignage sur la transition scolaire des enfants expatriés : du système américain vers le système français


Changer d’école quand on est un enfant n’est jamais ni facile ni agréable. Mais quand on est un enfant expatrié voire multi-expatrié, il s’agit quasiment d’une routine, ce qui ne veut pas dire que cela reste une démarche facile. Tout comme pour les conjoints d'expatrié, les enfants expatriés doivent eux aussi trouver leurs repères, se refaire des amis, parfois apprendre une nouvelle langue et de nouveaux codes. 

Mes filles ont vécu pour la seconde fois de leur vie scolaire ce type de transition en passant cette fois-ci d’une école publique américaine à une école française de l’étranger. Un gros changement pour elles comme pour nous.

Préparer les enfants expatriés au changement scolaire 


Comme je l’ai expliqué au tout début de la création de ce blog, nous avons délibérément choisi une école publique américaine à Chicago pour que nos deux enfants vivent une immersion scolaire et culturelle totale. Mais nous savions aussi qu’après les Etats-Unis, nous irions dans un autre pays et que nous devrions à un moment ou à un autre faire un choix éducatif sur le long terme. Ce choix s’est fait naturellement pour l’école française et donc un établissement français de l’étranger. Pour les préparer à ce nouveau changement académique mais aussi pour conserver un niveau correct en français, nous leur avons fait suivre les cours du CNED en français seulement (lecture, écriture, grammaire, orthographe) en plus de l’école américaine. Lors de notre arrivée à Shanghai, la transition académique a donc eu lieu en douceur car nous avions préparé nos enfants en amont.

Les limites de la préparation à la transition scolaire


Mais nous ne pouvions pas les préparer à tout. Et même si cette fois, elles ne sont pas tombées des nues lors de leur première journée d’école – elles ont d’emblée compris tout ce que la maîtresse racontait – elles ont eu leur petit lot de surprises comme :
  • écrire en cursive avec tout ce que cela implique (Ah ! le respect des interlignes, c’est toute une histoire) fut l’objet de moments de découragement et d’énervement, et ce même si on les y avait préparées ;
  • tenir un cahier propre : l’objet « cahier » est lui-même une nouveauté, d’autant qu’elles doivent en gérer plusieurs. À Chicago, c’était le règne de la feuille volante !
  • sauter une ligne, écrire la date en toute lettre, la souligner, ne pas écrire dans la marge – « C’est quoi une marge ? », me demandent-elles ;
  • écrire « Mathématiques » ou « Français » à cinq carreaux de la marge ;
  • écrire ses devoirs dans un cahier de texte sans faire de fautes ;
  • Sans parler de la discipline qui semble plus stricte dans une classe française que dans une classe américaine : on ne parle pas tous en même temps, on lève le doigt pour prendre la parole, on ne se lève pas de son bureau sans en demander la permission, etc.

Du côté des parents, il y a aussi des surprises. Je leur avais rabâché qu’elles auraient beaucoup plus de devoirs à l’école française qu’à l’école américaine. Et bien finalement, je constate avec surprise que les devoirs écrits et de recherche étaient plus importants et réguliers dans le système américain qu’ils ne le sont actuellement dans notre système français, puisque selon une directive du ministère de l’éducation nationale, les professeurs ne doivent pas donner de devoirs écrits aux enfants à faire à la maison.

La transition du langage : du tout en anglais au presque tout en français


Les progrès en français ont été impressionnants voire détonants ! Le vocabulaire des cours de récréation françaises semblent beaucoup plus haut en couleur que celui des cours de récréation américaines, du moins d’après l’expérience que j’en ai (et elle est, je l’accorde, partielle). Il n’aura pas fallu bien longtemps pour que mes filles découvrent avec plus ou moins de bonheur des expressions familières voire vulgaires de la langue française. 
Il est intéressant d’observer leurs attitudes par rapport à ces découvertes faites sur le tas. Parfois, elles ne comprennent pas forcément du premier coup un mot ou une expression. Puis, grâce au contexte, elles prennent conscience du véritable sens des propos qui leur sont tenus. Mais surtout elles ont conscience des limites de ces progrès en français. Quand elles entendent un nouveau mot dont elles pressentent que l’usage risque de leur causer de gros problèmes à la maison, elles anticipent en demandant le sens du mot entendu dans le bus de l’école ou dans la cour. 
Du jour au lendemain, le déséquilibre des langues qui a caractérisé notre séjour à Chicago est plus ou moins rétabli grâce au programme bilingue anglais français que suivent nos filles. Il est intéressant de noter qu’elles associent la pratique d’une langue en fonction du contexte ou de la situation : le français à la maison ou dans les jeux avec les copines, l’anglais pour le sport ou les activités extrascolaires. Désormais, l’objectif est de maintenir un bon niveau d’anglais et donc leur bilinguisme. Après six mois en Chine, c’est un nouveau défi !

Et vous, quel est votre vécu et celui de vos enfants en matière de transition scolaire lors de votre nouvelle expatriation ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

MÀJ du 23/11/2016 :  Il s'en est passé des choses depuis la publication de cet article ! Dans l'ordre, les voici :
— Au bout d'une année scolaire, nous avons retiré nos filles du Lycée Français de Shanghai. Elles ont poursuivi leur scolarité à Dulwich College Shanghai (DCS), une école internationale britannique. Elles y sont restées jusqu'à notre départ de Chine, c'est à dire jusqu'à l'été 2015. Ce fut donc une nouvelle transition scolaire mais elles ont adoré cette école. Je crois que c'est sans doute pour cela qu'elles ont aimé la Chine, pour cette école, l'équipe pédagogique, le campus, les activités extra-scolaires riches et variées, le sport, la qualité de l'enseignement. Et lors de notre départ, ce que j'ai regretté le plus, c'était cette école et son ambiance positive et dynamique.
Mais ce changement d'école a aussi signifié un retour au CNED pour le français en parrallèle de l'enseignement suivi dans cette école internationale. Ce fut donc deux années très remplies scolairemement pour mes filles et nous aussi, parents, puisque nous avons pris en charge nous-mêmes l'enseignement du français avec les outils pédagogiques du CNED, comme lors de notre séjour aux Etats-Unis.
— Été 2015 : retour en France et donc retour dans le système éducatif français. Nous avons choisi un établissement privé catholique pour nos filles. La transition s'est passée en douceur avec une maîtresse de CM2 pour ma cadette très à l'écoute de sa situation. Mais j'ai pris aussi les choses en main en allant la voir assez rapidement après la rentrée et en lui expliquant le parcours scolaire atypique de ma fille. Pour la plus grande entrant en 5ème à la rentrée 2015, l'équipe pédagogique a aussi été à l'écoute de ses besoins. Etant bilingue, elle a pu suivre les cours d'anglais d'une classe de seconde.
Pour le français, nous avons pu voir les bénéfices de l'investissement en temps à faire du CNED le week-end pendant six ans ! Pas de difficultés particulières et même, à la surprise des profs de français apprenant leur scolarité à l'étranger et dans le sysème anglophone, un niveau très satisfaisant.

Au final, elles auront vécu plusieurs transitions scolaires : du sytème américain (4 ans) au système français à l'étranger (Chine, 1 an) vers le système britannique (Chine, 2 ans) et enfin le sytème français en France depuis septembre 2015.

La morale de l'histoire, pour conserver le français dans une telle situation, est qu'il faut selon moi parler français et seulement le français à la maison, et que les parents s'investissent d'une manière ou d'une autre dans l'apprentissage du français (lu, écrit parlé) de leurs enfants.

Crédit photo : Free Digital Photos

lundi 29 octobre 2012

Conférences en ligne pour les français de l’étranger


En novembre, deux rendez-vous en ligne à ne pas manquer pour la communauté expatriée et les français  de l'étranger. 


Rencontre avec Hélène Conway-Mouret, Ministre déléguée en charge des Français de l'étranger, sur ExpatUnited


Expat United est un site d’entraide communautaire gratuit pour les expatriés français et francophones. 
Il organise régulièrement des « Rendez-vous de l'expatriation » qui sont des conférences en ligne sur tous les sujets liés à l’expatriation
Le prochain evenement de ce genre aura lieu le 8 novembre 2012. L’équipe d’Expat United recevra Hélène Conway-Mouret, Ministre déléguée en charge des Français de l'étranger. 

Pour plus d’information et pour s’inscrire, rendez-vous sur le site d’ExpatUnited.

Conférence sur le bilinguisme au lycée français de New York


Le 3 novembre 2012 aura lieu une conférence intitulée Living with Two Languages: The Advantages of Being Bilingual. Trois panels se suivront. Une exposition intitule “Je suis qui je suis” clôturera cette conférence sur le bilinguisme. Pour plus d’informations sur le programme et les panelistes, consultez le site Living with two languages. 

Si vous ne résidez pas à New-York, vous pourrez tout de même suivre les exposés en direct sur le site Living with two languages. Et si vous ne pouvez pas être au RDV pour cause de décalage horaire, sachez qu’un enregistrement de la conférence sera disponible en ligne après l’évènement. 

Vive internet ! 

PS : l’expatriation n’est vraiment plus ce qu’elle était (comment on faisait avant sans internet ??) Je ne vais pas m’en plaindre !

lundi 23 juillet 2012

Quel système scolaire choisir lors d’une expatriation aux USA ?


Si vous avez pour projet de vous expatrier en famille aux Etats-Unis, vous vous posez certainement la question suivante : « Dois-je choisir une école américaine ou une école française aux Etats-Unis pour mes enfants ? » Évidemment, tout va dépendre de l’offre présente dans votre ville d’accueil. Néanmoins, si vous avez le choix entre ces deux options, il n’est alors pas facile de prendre une décision. Pour vous aider, voici quelques critères à prendre en considération avant de sauter le pas. 

L’âge de l’enfant expatrié


S’il n’y a pas d’âge précis pour qu’un enfant soit scolarisé dans un système scolaire ou dans un autre, il faut avant tout prendre en considération les besoins et la personnalité de l’enfant. S’adapte-t-il facilement ? A-t-il des facilités ou au contraire des difficultés d’apprentissage ? Ces questions sont importantes surtout si vous avez des enfants à l’école primaire. Je pense en effet qu’il est plus facile de scolariser un jeune enfant (avant 6 ans) dans le système scolaire local. Bien qu’il soit difficile de généraliser. Chaque enfant étant différent, le système local peut fonctionner pour votre aîné mais pas forcément pour votre cadet. Pas facile d’être un parent, encore moins d’être un parent expatrié !

Un choix stratégique : l’apprentissage de l’anglais en immersion totale


Je ne vais surprendre personne en disant qu’apprendre une seconde langue vivante à un jeune âge et en l’occurrence l’anglais est un avantage certain pour l’avenir académique de votre enfant. De fait, choisir une école locale, privée ou publique, permettra d’accélérer le processus et une immersion immédiate dans la culture locale. Certes, cela nécessitera des ajustements sur le long terme, notamment pour maintenir la pratique du français dans la vie quotidienne de votre enfant. 
C’est le choix que nous avons fait pour nos deux filles lors de notre séjour américain. Pour nous, il s’agissait clairement d’une opportunité unique à ne pas manquer puisque nous savions que notre séjour aux Etats-Unis serait limité dans le temps. A la rentrée prochaine, elles intègreront une école française à l’étranger et resteront désormais dans le système éducatif français*. 

La durée de votre séjour américain


Connaître la durée de votre expatriation est un critère essentiel par rapport à ce type de décision. Et il faut bien le reconnaître, il y a très souvent une incertitude qui plane autour de la durée d’une expatriation : on peut très bien partir pour une mission de 18 mois et cinq ans plus tard toujours être là (la situation inverse est aussi possible). Sachez néanmoins, qu’un séjour court peut être une belle opportunité pour votre enfant de s’immerger dans une nouvelle culture en l’inscrivant dans une école locale, surtout s’il est relativement jeune. A l’inverse, s’il y a une forte incertitude autour de la durée de votre contrat, choisir une école française sera pour votre enfant un gage de continuité dans un contexte de changement fort. 

Dans le cadre de ce que j’appelle des expatriations récurrentes (un nouveau pays tous les trois ou cinq ans), le mieux est de choisir un système éducatif et d’éviter d’en changer à chaque nouvelle expat, dans la mesure du possible. N’oubliez pas que l’école et donc le système scolaire choisi peut devenir le seul fil directeur de la vie quotidienne de vos enfants, leur seul point d’ancrage avec la famille proche. 

Si vous projetez de venir vous installer à Chicago et que vous hésitez sur le choix de l’école, je vous conseille la lecture de mon livre Finding Your Feet In Chicago – The essential guide for expat families, publié aux éditions Summertime, et disponible sur tous les sites d'Amazon. 

Et vous, quel choix scolaire avez-vous fait lors de votre expatriation ? Pour quelles raisons ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

*Nos filles ne sont restées finalement qu'un an dans le système français à Shanghai, en Chine. Après un an au lycée français, nous les avons inscrites dans une école internationale au curriculum britannique (Dulwich College Shanghai) et nous ne l'avons jamais regretté.

Dernière mise à jour de cet article, le 22 juin 2015.

Crédit Photo : Free Digital Photos

mercredi 30 novembre 2011

Vidéoconference d'ExpatUnited sur l'enfant expatrié


Une information importante pour tous les expatriés français !

ExpatUnited est un site d’entraide communautaire gratuit pour les expatriés français et francophones. 

Il organise un nouveau « Rendez-vous de l'expatriation » sur le thème de l'enfant expatrié.

Cette vidéoconférence sera animée par Adélaïde Russell, psychologue, et Gaëlle Goutain, journaliste expatriée aux Etats-Unis, qui sont co-auteures du livre L'Enfant expatrié, dont j'ai déjà parlé sur ce blog. 







Cet événement aura lieu le samedi 10 décembre à 15H (heure française). Pour plus de renseignement et pour participer, connectez-vous à http://www.expatunited.com.


Un rendez-vous immanquable pour les futures familles expatriées ou celles qui le sont déjà. 

mardi 22 novembre 2011

Expatriation aux Etats-Unis et apprentissage de la lecture


Une de mes aventures personnelles lors de ce séjour à Chicago a été la découverte du système éducatif américain. Cela a été un choc culturel dont j’ai déjà parlé dans différents billets. Mais la nouveauté a surtout été l’apprentissage de la lecture en anglais alors que la langue de Shakespeare n’était pas encore maitrisée par mes deux loupiotes lors de notre arrivée en 2008.

Ainsi ma fille ainée a appris à lire en anglais avant de le faire en français. Et, bien que cela ne soit pas évident au quotidien, on y arrive. Cette expérience m’a permis de découvrir de merveilleux auteurs anglo-saxons pour la jeunesse. Car à la grande différence de la France, l’apprentissage de la lecture ne se fait pas ici avec un manuel dédié. Autrement dit, les enfants n’ont pas un livre du genre Daniel et Valérie qu’ils lisent tous les jours, page après page, leçon après leçon. D’où mon étonnement quasi quotidien en début d’année de first grade (CP) et la question récurrente : mais comment font-ils pour leur apprendre à lire ?

Apres avoir questionné la maîtresse, il s’est avéré qu’il fallait non seulement que je lise à ma fille mais aussi qu’elle me fasse la lecture avec NOS livres. Il a donc fallu que j’improvise pour plusieurs raisons :
- j’avais plus de livres pour enfant en français qu’en anglais.
- Je n’avais pas forcément des livres adaptés au niveau de ma fille débutante non seulement en lecture mais aussi en anglais ! Je me rappelle avoir passé des heures à lui lire en anglais et à lui faire la traduction en français phrase par phrase pour qu’elle comprenne l’histoire.

Comme nous avons vite finit par faire le tour de notre bibliothèque personnelle en langue anglaise, je me suis rapidement constituée un stock de petits livres dédiés à l’apprentissage de la lecture. Il existe différentes collections, mais celle que nous préférons à la maison, c’est Step into Reading qui propose des livres en fonction du niveau de lecture de l’enfant : Ready to read (Pre-K et Kindergarten), Reading with help (Pre-K – Grade 1), Reading on your own (grades 1-3), etc… jusqu'à Ready for chapters (grades 2-4). Les autres collections sur le marché fonctionnent sur le même système mais à l’usage j’ai constaté que les niveaux de lecture entre collections n’étaient pas les mêmes. Autrement dit, un niveau 2 dans une collection peut correspondre à un niveau 3 dans une autre.

Outre l’achat régulier de ces livres qui me resservent aujourd’hui pour ma cadette, nous avons utilisé intensivement notre bibliothèque de quartier. Suivant les conseils de lecture de mamans américaines, j’ai emprunté abondamment les livres du Dr Seuss. Cet auteur, que je ne connaissais absolument pas du tout avant de mettre les pieds aux US, est une vraie star dans le monde de l’éducation et auprès des familles américaines. Il faut dire que ses livres se prêtent particulièrement bien à l’apprentissage de la lecture en anglais pour trois raisons : l’utilisation récurrente de mots de base (les fameux sigh words), de rimes et des mètres trisyllabiques. Les illustrations et les personnages hors du commun ajoutent une note humoristique aux histoires farfelues. Les enfants les lisent facilement et donc en redemandent, aiguisant ainsi leur goût pour la lecture.
Un classique du Dr Seuss
Pour s’assurer que les enfants lisent quotidiennement, les instits donnent à remplir au début de chaque mois une reading log. C’est une sorte de calendrier sur lequel doit être noté jour après jour le titre du livre lu, le nom de l’auteur et la durée de la séance de lecture faite à la maison. Il faut lire sept jours sur sept et les parents doivent signer quotidiennement cette fiche qui est rendue en fin de mois. Attention, cette reading log fait partie de la note finale à la fin du trimestre. Un élément donc à ne pas négliger.

Pour ceux qui habitent Chicago, le musée de la science et de l’industrie de Chicago rend actuellement hommage à l’œuvre du Dr Seuss à travers une très jolie exposition qui plaira aux enfants et aux parents et ce jusqu’au 8 janvier 2012. 

mardi 23 août 2011

De l’avantage d’avoir des enfants expats

Dans mon billet précédent, j’expliquais comment j’essaie tant bien que mal de maintenir au quotidien notre langue maternelle, le français, tant à l’écrit qu’à l’oral. Mais élever des enfants expats (également appelés Global Nomads ou TCK) a aussi plein d’autres avantages au quotidien. En voici un exemple, il y en a d’autres, j’y reviendrai. 

Au début de votre séjour, vos petits chéris n’en mènent pas large car ils ne parlent pas un mot de Petaouchnoquais. Ils sont donc carrément et systématiquement collés à vos basques. Et là, vous êtes aux anges, dans le rôle de la maman bienveillante et indispensable (enfin, ça dépend des moments et de votre tempérament). Mais ne vous y trompez pas, car six mois plus tard :
  • Ce sont eux qui vous donnent des cours de langue locale en vous reprenant du style «  Mais, non maman, c’est comme ça qu’il faut dire ! », ou en disant très sérieusement : « Tu peux répétez ce que tu viens de lui dire, parce que là, j’ai rien compris ! »
  • ce sont eux qui se tordent de rire à chaque fois que vous ouvrez la bouche pour demander quelque chose à la maîtresse (qui est pétaouchnocaise, of course !).
  • La discussion sur la manière dont on prononce « table » en Petaouchnoquais finit systématiquement en pugilat car vous êtes toutes les deux des têtes de mules. Après tout, vous avez aussi appris à parler le Petaouchnoquais et cela bien avant la Miss de 8 ans et demi qui vous sert de fille aînée. Non mais ! 
Oui, je sais, ça sent le vécu !

Bref, vous n’avez pas le bon accent et non seulement la caissière du Walgreens vous le fait remarquer régulièrement mais vos enfants sont les premiers à se fendre la poire et/ou à vous reprendre. 

Afin de remédier à ce genre de situation (pas toujours valorisante pour les mamans expats que nous sommes), j’ai transformé mes TCK préférées en consultantes en langues étrangères privées. Je leur demande donc systématiquement des conseils sur la manière de prononcer des mots ou sur le sens d’expressions locales. Je suis toute ouïe quand elles parlent avec leurs copines et à l’affut de nouvelles expressions familières. Elles sont d’ailleurs fières comme tout quand j’explique cela à qui veut bien m’entendre ! Se sentant valorisées par leur maman chérie, elles sont beaucoup mieux dans leurs baskets … et du coup moi aussi. Elle est pas belle la vie !?!



Je ne me fais donc aucun souci pour la prochaine expatriation, elles sauront sûrement parler la langue du pays bien avant moi et me serviront de traductrices officielles. Y a pas à dire, élever des enfants à l’étranger (et même dans son pays d’origine d’ailleurs), ce n’est pas toujours facile, mais en contrepartie, il y a quand même des avantages ! 

Et vous, quels avantages voyez-vous au fait d’élever vos enfants à l’étranger ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

mardi 16 août 2011

Comment maintenir le français dans la vie quotidienne des enfants expats ?

Il n’est pas toujours facile de maintenir la pratique de notre belle langue française au quotidien quand on est une famille expatriée. Il s’agit en réalité d’un réel défi quand en plus votre progéniture est scolarisée dans le système locale et non pas dans une école française de l’étranger. Voici donc, quelques petites astuces et autres pistes que j’ai personnellement mises en place avec mes filles lors de notre expatriation aux Etats-Unis. 

  • Règle d’or numéro 1 : Ne parler que le français à la maison.
Soyez ferme et mettez en place des systèmes de sanctions/récompenses afin que tout le monde suive cette règle. Par exemple dans notre famille, il est interdit de parler Franglish. Chaque fois que l’un d’entre nous (parents inclus) utilise un mot anglais dans une phrase française, la personne concernée doit donner 25 centimes de dollars et la mettre dans un pot commun. A la fin du mois, nous utilisons l’argent pour manger une glace chez Bobtail ou un cupcake chez Molly’s. C’est parfois difficile pour le porte-monnaie des enfants, mais au final ca marche ! 
Cet été, nous avons teste une autre technique : un mot en anglais équivalait à cinq pompes à faire sur le champ. Un bon moyen aussi pour garder la forme physique … des parents !!!
  • Règle d’or numéro 2 : Faire lire ses enfants en français. 
C’est parfois l’une des tâches les plus difficiles des parents expatriés surtout si les enfants vont dans une école locale. De plus, il n’est parfois pas facile de trouver, d’acheter ou d’emprunter localement des livres en français. Néanmoins, des sites comme celui d’Amazon permettent d’y remédier. Il y a aussi bien sur les bibliothèques des Alliances françaises.
Si aucune de ces solutions n’est accessible, l’abonnement de chacun de vos enfants à des magazines mensuels en France est un bon compromis. Ils les recevront directement à la maison et pourront les partager entre eux, les plus grands de la fratrie pouvant même les lire aux plus petits. Les enfants adorent en général cette solution : ils guettent avec impatience la boîte aux lettres et dévorent leurs magazines dès leur arrivée. Les deux grandes maisons d’éditions de magazines pour enfants sont Milan Presse et Bayard Jeunesse. Les éditions Play Bac proposent des abonnements à trois quotidiens (Le Petit Quotidien dès six ans ; Mon quotidien dès 10 ans ; L’Actu dès 14 ans) à lire en version .pdf, donc directement depuis son ordinateur ! Enfin, Unipresse, le spécialiste de l’envoi de journaux à l’étranger, propose des abonnements aux grands classiques de la presse magazine jeunesse.
Une autre solution est de démarrer un club de lecture pour enfants francophones. Ainsi, des livres de différents styles peuvent circuler au sein des familles. Surtout, les enfants d’un même groupe d’âge ont la possibilité d’en discuter entre eux et de se conseiller dans les choix de lecture. Cela peut aussi être un bon moyen pour attirer des enfants, préados ou ados réticents à la lecture en faisant des réunions du club un événement festif et convivial.

  • Règle d’or numéro 3 : Les faire écrire en français. 
Encore une fois, il est plus difficile de faire écrire en français ses enfants s’ils vont dans une école locale et non pas dans une école française de l’étranger. Dans ces conditions, vous serez l’unique moteur pour les faire écrire dans leur langue maternelle. Si l’envoi de lettres, cartes et même e-mails ne fonctionnent plus, pourquoi ne pas démarrer une lettre mensuelle familiale ou un blog afin de garder le contact avec la famille et les amis restés en France ? Evidement, soyez prudents et mettez en place des règles de sécurité afin d’éviter tout dérapage surtout si vous souhaitez commencer un blog. Cela peut devenir un vrai projet familial vous permettant même de passer plus de temps avec vos enfants. 
  • Règle d’or numéro 4 : L’immersion inversée. 
Faire rentrer en France ses enfants au moins une fois par an pour au moins un mois est encore la solution la plus efficace pour qu’ils gardent un bon niveau dans leur langue maternelle et une connaissance approfondie de leur culture. Les grands-parents vont adorer !!! Succès garanti en termes de richesse du vocabulaire familier ! Mais c’est aussi cela, la langue de Molière …

Et vous, comment réussissez-vous a maintenir la langue française au quotidien avec votre petite famille lors de votre séjour à l’étranger ?
Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

Crédit photo : Free Digital Photo

lundi 17 mai 2010

Bilinguisme au quotidien

Un jour comme les autres, à la sortie de l’école, une maman française (donc presque comme les autres) récupère ses enfants qui vont dans une école américaine. Dialogue en français … ou presque.

Fifille #1 : Maman ! Maman !
Maman : Bonjour ma puce, comment s’est passée ta journée d’école ?
Fifille #1 : Super bien !!! On a étudié les animaux de la rainforest et puis on a écrit à nos penpals. Est-ce que je peux jouer un peu sur le playground ?
Maman : Est-ce que tu peux me le refaire 100% en français, s’il te plaît ?
Fifille #1 un peu exaspérée car pressée d’aller jouer : PFFF !!! Comment on dit « rainforest » et « penpal » en français ?
Maman : forêt vierge et correspondant, ma chérie !
Fifille # 2 arrive en courant : Mumy, mumy !!! Can I play on the playground !
Maman, à son tour exaspérée : Aaaargh !!!!! En français, please !!! (oups!)

Deux ans d’expatriation aux US et voilà que mes filles oublient leur français !!! Il faut dire que ce n’est pas facile de maintenir la langue maternelle quand le quotidien est dominé par l’anglais : l’école, les amis, les petites copines du square, la radio, la télé (même si elle ne fait quasiment pas partie de notre vie), les journaux, les livres … Finalement, nous avons ce que nous souhaitions : deux petites filles qui sont capables de s’exprimer aussi bien en français qu’en anglais … Mais l’anglais a tendance à prendre le dessus même si à la maison nous ne parlons que notre langue maternelle.
Il est temps de prendre le taureau par les cornes et de mettre en place un plan de bataille pour la rentrée. Au menu de septembre, nous aurons :
- une provision de DVD et de livres en français, ramenée précieusement de France.
- une inscription à l’Alliance Française de Chicago et à sa merveilleuse bibliothèque.
- des activités extrascolaires en français.
- … et quelques livres sur le bilinguisme.

Pour aller plus loin sur le sujet du bilinguisme, je vous conseille:
- la lecture d'un très bon article faisant le tour de la question sur le site de Femmexpat.

Quelle est votre expérience sur ce sujet ? Comment avez-vous abordé ce problème et quelles solutions avez-vous trouvé ? Partageons nos expériences pour mieux vivre nos expatriations.

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