jeudi 26 janvier 2012

Interview d'expat : rencontre avec Biba Pedron, the Connection Queen !


Biba Pedron
Une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre et d’appréhender la vie au quotidien en expatriation. 
Ce mois-ci, j’ai rencontré Biba Pedron qui vit aux Etats-Unis depuis neuf ans. A l’origine de plusieurs entreprises depuis son arrivée sur le sol américain, Biba est un bon exemple d’indépendance, de créativité et d’énergie dans un contexte d’expatriation choisie. En effet, Biba a délibérément quitté la France pour partir s’installer aux Etats-Unis. 

Expat Forever: Bonjour Biba. D’où êtes-vous originaire ?
Biba Pedron : Bonjour, je suis normande et originaire d’Alençon dans l’Orne. J’y suis restée jusqu'à l’âge de 18 ans et ensuite je suis partie sur Paris pour faire mes études de droit.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 
BP : Aujourd’hui, je vis à Miami depuis 4 ans et demi après avoir passé 5 ans à New York.

EF : Est-ce votre première expatriation ? 
BP. Oui, les États-Unis sont ma seule expérience d’expatriation. Le souhait de venir m’installer aux Etats-Unis était un rêve d’enfant.

EF : Pouvez-vous retracer votre parcours d’expatriée et votre ressenti personnel pour chacun des endroits ou vous avez vécu jusque là ?
BP : Afin de pouvoir venir m’installer aux États-Unis, j’ai d’abord créé ma première société en France en 1998. Mon objectif était d’être libre de voyager comme je le souhaitais. Puis, j’ai fais la navette entre Paris et New York pendant deux ans, le temps de voir comment il était possible de développer cette activité sur place. Pour moi, c’était New York et rien d’autre. Je ne considérais même pas le reste des États-Unis comme une destination possible. Avant cela, j’étais déjà venue plusieurs fois en vacances. Mais venir en vacances et s’installer est totalement différent, l’approche des américains aussi. Lorsque l’on est touriste, ils prennent tout le temps qu’il faut pour aider, ils parlent moins vite et sont prêts à nous assister si besoin. Mais dès que l’on passe en mode business, « Time is money » et là tout change. Plus personne ne prend le temps de répéter si on n’a pas compris. C’est à nous de nous adapter.

Pendant deux ans, je ne me suis entourée que d’américains pour être certaine de m’intégrer à la culture, de comprendre leurs comportements et d’améliorer mon anglais. J’ai aussi créé ma première société Biba4Network, dont la clientèle n’était qu’américaine. Contrairement à ce que certaines personnes avaient pu me dire, je n’ai pas ressenti de rejet. On entend souvent dire « Les américains n’aiment pas les français » et l’inverse aussi d’ailleurs, que les français n’aiment pas les américains ou « il est difficile de se faire des amis américains ». Je n’ai rien ressenti de tout cela parce que je me suis intégrée à 100% dès le début. Mes clients n’ont fait aucune différence. Au contraire, ils ont adoré mon accent « frenchie » !
New York bouge beaucoup et on y trouve une énergie qui n’existe nulle pas ailleurs. Même si c’est parfois pesant. J’ai profité de cette énergie au niveau business et vie personnelle pendant cinq ans. Mais le rythme n’est pas simple à tenir. Je n’ai jamais envisagé d’aller vivre ailleurs. Jusqu'à ce que je passe trois jours à Miami pour rendre visite à une amie. J’avais une idée totalement fausse de cette ville. Même si on ne peut pas vraiment se faire une idée complète en trois jours, à la fin de mon week-end, j’avais décidé d’y déménager. D’abord à cause du climat : il neigeait à New York quand je suis partie et revenue, alors qu’il y avait un soleil magnifique à Miami. Ensuite, parce que le rythme de vie paraissait plus calme et surtout le niveau de vie bien supérieur. Par exemple, il était possible d’acheter un grand appartement donnant sur l’océan pour un tiers des prix de New York. Cela a suffit pour prendre ma décision. Je vis donc à Miami depuis presque cinq ans. Je ne le regrette pas, même si le dynamisme en matière de business n’a rien à voir avec celui de New York. Pour trouver mon équilibre, j’y retourne deux à trois fois par an, histoire de me ressourcer, de me replonger dans la foule et de retrouver le speed. Mais après deux semaines de vie new yorkaise, j’aime revenir dans mon petit coin de paradis. 

EF: Quelle est la raison de votre expatriation ?
BP. Venir aux États-Unis a toujours été un rêve d’enfant. Je ne savais pas quand ni comment, mais je savais qu’un jour j’y arriverai. Je n’avais pas prévu au début de créer une société, mais ce fut le moyen afin d’obtenir un visa. En effet, après avoir fait la navette entre Paris et New York pendant deux ans, il était temps de trouver une solution par rapport aux services des douanes.

EF: Quelles difficultés avez-vous rencontré au début de votre installation aux Etats-Unis ?
BP. En fait aucune. On m’a toujours demandé pourquoi les États-Unis et pourquoi New York, je n’ai jamais vraiment eu de réponse, si ce n’est en plaisantant que j’ai peut-être déjà vécu ici dans une autre vie ! ! ! Par exemple, en moins d’un mois je m’orientais beaucoup mieux à New York que dans ma ville natale en 18 ans. Comme si j’avais toujours habité là. 
Je venais déjà aux États-Unis depuis plusieurs années en vacances. Je savais que c’était là que je voulais vivre. En réalité, c’est lorsque je rentrais en France que j’avais des problèmes à me réadapter. 

EF : Vous avez créé plusieurs projets d’entreprises aux États-Unis. Pouvez-vous nous en parler un peu plus ?
BP : Comme je vous l’ai déjà expliqué, mon but était de pouvoir vivre aux États-Unis mais pas nécessairement de créer une société. Mais pour y rester à plein temps, il fallait trouver une solution. La recherche d’emploi ne m’intéressait pas. J’avais déjà monté une société en France pour être libre de voyager comme je le souhaitais. La solution qui s’est imposée fut de créer une nouvelle société à New York, où je pourrais proposer mes services aux entrepreneurs américains souhaitant développer leur activité en France. Rapidement, je me suis aperçue que les façons de travailler étaient très différentes. Les solo-entrepreneurs ; que je ciblais, n’avaient aucune volonté de s’installer en France. J’ai du trouver une autre idée. C’est alors que j’ai découvert le networking et que le concept m’a intéressé. J’ai fait des recherches. J’ai assisté à de nombreuses soirées networking et j’ai décidé d’organiser mes propres évènements. C’est ainsi que j’ai lancé Biba4Network LLC, qui à ce jour inclut les sites www.TheConnectionQueen.com et www.YourBusinessInStyle.com.

Pendant cinq ans j’ai organisé des évènements networking. Les débuts n’ont pas été simple. Mon anglais était encore moyen et même si j’aimais le concept du networking, je n’avais pas encore compris comment cela fonctionnait vraiment et surtout comment j’allais obtenir des clients. J’ai alors étudié le sujet et j’ai développé un système pour moi-même. Rapidement, les personnes qui me connaissaient depuis le début ont vu comment les choses se développaient. Elles m’ont demandé de plus en plus comment je faisais ou si j’avais un secret ! C’est à ce moment là que je me suis lancée comme business coach pour aider les autres à également développer leur activité, notamment en utilisant le networking. Au début, ma cible étant uniquement américaine. Je ne faisais pas de publicité sur le fait que j’étais française. Mais après un an, une amie qui gérait le site Entre-NewYork, une communauté online pour les francophones à New York (qui n’existe plus à ce jour), m’a demandé si je pouvais intervenir de temps en temps sur son forum pour répondre à des questions du style comment trouver un job ?, comment faire un CV américain ?, comment préparer un entretien d’embauche ? ou encore comment créer une société ? Elle m’a ensuite demandé si je pouvais écrire des articles pour son site et organiser des séminaires. De fil en aiguille, les français ont commencé à entendre parler de moi et de mes soirées networking. C’est ainsi qu’ils ont commencé à venir, non pas pour la partie networking mais surtout pour savoir si je pouvais les aider pour certains à trouver un job grâce à mon réseaux et pour d’autres comment j’avais lancé ma société, les conditions pour obtenir le visa investisseur, etc…
Au début, je donnais des informations pour expliquer la démarche et leur conseillait ensuite de consulter un expert comptable et un avocat. Mais en six mois la demande est devenue très importante. J’ai constaté que d’autres avaient les mêmes problèmes que moi pour trouver l’information. Sur internet, on trouve tout et son contraire. J’ai donc contacté au sein de mon réseau des personnes compétentes comme des avocats d’affaires, des avocats experts en immigration, des experts-comptables, des banquiers, etc … Je leur ai expliqué que je souhaitais monter un cabinet de consulting et tout le monde m’a suivi. C’est ainsi qu’est née My French Network. C’est un one-stop-shop où l’on propose tous les services nécessaires pour s’installer aux États-Unis : de la création de société à l’ouverture d’un compte bancaire en passant par la rédaction de business plan, le développement marketing et l’obtention du visa. L’avantage de mes services, c’est que je coordonne l’intégralité du dossier. Le client peut se concentrer uniquement sur le développement de son business.
A ce jour, je gère toujours les deux activités en parallèle. A cela c’est ajoutée en Août 2010, www.NetworkingetReseauxSociaux.com Ce sont des services de business coaching en français pour les francophones qui souhaitent s’installer aux États-Unis ou ailleurs, et qui ont besoin de comprendre l’utilisation des réseaux sociaux pour le développement de leur activité online et offline. 

EF : Quel est le projet qui vous occupe le plus actuellement ? 
BP : Les trois activités me prennent pratiquement autant de temps. Mais l’assistance à la création de société aux États-Unis est un peu plus prenante car il faut plusieurs mois pour finaliser un dossier. Je ne fais pas de publicité pour My French Network, mais j’ai toujours eu la chance d’être très bien référencée sur les moteurs de recherches. Et puis, mes clients me recommandent à d’autres personnes. Les clients arrivent tous seuls.

Networking et Réseaux Sociaux s’est énormément développée depuis Septembre dernier, ce qui m’a permis de me placer dans le top trois des femmes coach en webmarketing sur le marché en France. Mon but étant de me positionner numéro un d’ici la fin de l’année. C’est ambitieux mais réalisable. D’ailleurs d’ici la fin du mois, je vais faire partie d’un projet spécifique pour les femmes sur le marché francophone : «  le magazine #1 des femmes entrepreneures qui ont du succès ». Ce projet regroupe sept femmes expertes en marketing afin d’aider les femmes à comprendre le webmarketing et de pouvoir en vivre. 

Pour mon activité en anglais, je viens de lancer un évènement en ligne, qui aura lieu en Février. J’ai regroupé 11 femmes américaines coach en marketing. Pendant une semaine, nous assurerons deux téléconférences par jour afin de délivrer toutes nos stratégies à celles qui souhaitent créer ou développer leur business. Ce « telesummit » est gratuit. C’est une opportunité unique pour se former et devenir indépendante en faisant quelques choses qu’on aime. Pour en savoir plus, cliquez ici.


Success Biz for Women Telesummit

Ensuite, je vais lancer un magazine online, dont la cible sera toujours les femmes. Les sujets abordés seront le business, la vie de tous les jours, la mode, le style de vie, les conseils pratiques, etc…

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?
BP : Mon business c’est ma vie. Je n’ai ni mari, ni enfant, pas nécessairement par choix, mais mes activités me prennent tellement que je n’ai pas beaucoup de temps libre. Et quand je ne travaille pas je fais du bénévolat. Donc tous mes projets me permettent de me réaliser et de m’épanouir en tant que femme. Je vais aborder la cinquantaine en fin d’année et ma vie m’apporte beaucoup plus aujourd’hui que lorsque j’avais la trentaine. Aider les autres à divers niveaux me permet d’apprendre aussi beaucoup. Mes modèles, sont Oprah Winfrey et mon mentor Ali Brown, deux exemples qui ont un impact sur la vie des femmes et les aident à toujours aller de l’avant. C’est également ce que je souhaite faire, même si je suis à un niveau beaucoup plus petit pour le moment. Mais comme on dit aux États-Unis « The sky is the limit », donc tout est possible.

EF: Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre vie d’expatriée et pourquoi ?
BP : Aux États-Unis je me sens totalement chez moi. Je n’ai pas le sentiment d’être expatriée. D’ailleurs je ne suis pas rentrée en France depuis six ans et cela ne me manque pas. La mentalité américaine me convient beaucoup mieux que la mentalité française. Ici, les esprits sont plus ouverts et surtout on ne vous juge pas, on ne vous dit pas que vous n’y arriverez pas. On a le sentiment de pouvoir tout faire et si on est motivée, on peut effectivement tout faire et y arriver.

EF : Qu’est-ce que vous détestez le plus dans ce mode de vie et pourquoi ?
BP : Il n’y a rien que je déteste vraiment. Ce qui me gène un peu, c’est la nourriture. Bien que je fasse en sorte de manger plus ou moins les mêmes choses qu’en France, ici tout est en grande quantité. Si on vous sert une assiette dans un restaurant, on a parfois le sentiment d’avoir à manger pour la semaine ! Ou voir des personnes manger en permanence dans la rue ou même le métro, lorsque je vivais à New York, cela m’énervait un peu, «  beaucoup ». 
Sinon, il y a bien quelques produits ou plats que l’on ne trouve pas ici, et de temps en temps, j’ai une petite envie. Comme les rillettes par exemple en bonne normande que je suis ! Mais cela me passe.

EF: Que conseillerez-vous à d’autres femmes qui souhaitent partir vivre à l’étranger pour la première fois et créer leur entreprise ?
BP : Simplement de se jeter à l’eau ! Bien sûr, il faut se préparer et avoir l’investissement nécessaire, ne serait-ce que par rapport aux conditions imposées par les services d’immigration. Il est important de bien s’informer avant le départ et de ne pas se lancer à l’aveugle. J’ai vu des personnes qui ont du repartir après moins d’un an car ils ont voulu tout faire seul. Ils ont fait toutes les erreurs possibles et lorsqu’ils arrivent vers nous en criant au secours, il est déjà trop tard, car ils ont dépensé tout leur argent. Il n’en reste plus assez pour continuer le projet. C’est dommage de devoir rentrer en France sans rien et de devoir repartir de nouveau à zéro. 
Pour s’assurer de réussir son expatriation, il faut se préparer des mois à l’avance, venir faire des séjours de repérage. Car une fois de plus, venir en vacances et venir s’installer sont deux choses différentes. Si l’on vient en famille, il faut s’assurer que tout le monde va bien s’adapter au pays, à la ville, au mode de vie local et à la langue.
Si l’on vient pour monter une entreprise, il faut s’entourer de professionnels dès le début. Régler les honoraires de professionnels économise des frais sur le long terme contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, car savoir suivre les étapes dans l’ordre fait gagner beaucoup de temps ET d’argent. 

Mais si on a le souhait de partir, il faut aller jusqu’au bout de son projet et de son rêve.

Merci Biba et bonne chance pour tous vos projets.

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  2. passe le bonjour a michel

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