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lundi 11 mai 2015

Enquête sur la carrière du conjoint expatrié

Carrière du conjoint accompagnateur expatrié
Carrière du conjoint accompagnateur expatrié

Aujourd'hui, je relaie une information qui me tient à coeur car elle traite de la carrière du conjoint accompagnateur en expatriation. 


Femmexpat, le site de la femme expatriée francophone, et Expat Communication, réalisent une enquête sur la carrière du conjoint expatrié. En effet, à l'occasion d'une enquête réalisée en janvier 2015 à propos du couple en expatriation, Alix Carnot, directrice du développement d'Expat Communication, a relevé les chiffres suivants :

  • 90% des conjoints accompagnateurs francophones sont des femmes ;
  • 60% des femmes en expatriation qualifient leur carrière d’atypique ;
  • seules 40% des femmes qui ont suivi leur conjoint et souhaiteraient travailler y parviennent.
Afin de mieux comprendre la situation professionnelle du conjoint accompagnateur expatrié, Femmexpat réalise une enquête sur le sujet. Pour répondre à leur questionnaire qui ne vous prendra pas plus de 15 minutes de votre temps, cliquez sur le lien suivant :


Si vous êtes un conjoint expatrié ou si vous l'avez été, quel que soit le contexte d'expatriation (expatriation classique, contrat local, projet entrepreneurial, etc ...) cette enquête vous concerne. Vos réponses permettront de mieux comprendre la problématique de la carrière du conjoint accompagnateur et par la suite de partager les bonnes pratiques. 

Je vous encourage vivement à diffuser cette information autour de vous par e-mail et sur vos réseaux sociaux. 

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation.

Crédit illustration : Free Digital Photos

mardi 9 avril 2013

Interview avec Frédérique Hermen, conjointe d'expat et créatrice de bijoux

Frédérique Hermen

Une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation. Ces interviews démontrent que l’on peut être un conjoint d’expatrié et se réaliser professionnellement. 
Ce mois-ci, j’ai rencontré Frédérique Hermen qui est aujourd’hui créatrice de bijoux, mais cela n’a pas toujours été le cas !


Expat Forever: Bonjour Frédérique. D’où êtes-vous originaire ?

Frédérique Hermen : Bonjour, Véronique. J’ai toujours vécu en région parisienne et j'ai travaillé en entreprise pendant plus 15 ans à Paris.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 

FH : Je vis à Tokyo depuis presque cinq ans où j’ai accompagné mon conjoint expatrié avec mes trois enfants.

EF : Est-ce votre première expatriation ? 

FH : Non, j’ai d’abord quitté la France il y a neuf ans pour les USA, où nous avons vécu quatre ans dans le Michigan dans l’opulente banlieue de Détroit, berceau des fortunes automobiles.

EF: Quelles difficultés avez-vous rencontré au début de votre installation au Japon ?

FH : Ma première mission a bien sur consisté à « installer » toute la famille. Cela prend du temps et de l’énergie mais c’est une période intense en découvertes et nouvelles rencontres. Ce plaisir de l’exploration d’un nouveau pays – et dans le cas du Japon d’une culture très déroutante mais fascinante – des premiers contacts et repérages dans le milieu de la communauté française, a permis d’atténuer les difficultés. Celles-ci étaient surtout liées à l’investissement intense de mon conjoint dans sa prise de poste dans un environnement culturel radicalement différent et donc à son manque de disponibilité, ce qui rend les choses forcément moins faciles et peut conduire à des grands moments de solitude ! Je sais, pour avoir partagé ce sentiment avec d’autres expatriées, que c’est le lot de beaucoup d’entre nous à l’arrivée. Trouver du support auprès de femmes expatriées installées depuis plus longtemps est un bon moyen de passer plus facilement ce cap. C’est ce qui m’a beaucoup aidée.

EF : Vous êtes créatrice de bijoux et vous proposez des ateliers créatifs. Est-ce que cela a toujours été votre activité professionnelle ? 

FH : Non, j’ai fait une grande école de commerce et j’ai eu un parcours classique en audit puis en finance et contrôle de gestion en entreprise principalement dans l’industrie du luxe et de la mode. Lors de notre première expatriation aux Etats-Unis, après une pause d’un an, j’ai repris un poste dans ce domaine. Mais concilier deux vies professionnelles avec trois enfants est plus difficile lorsqu’on est à l’étranger ; j’ai donc choisi de faire une nouvelle pause après deux ans. Ayant eu peu de temps pour mes enfants pendant mes années d’activité professionnelle en France, j’ai souhaité consacrer plus de temps à ma vie familiale pour un temps et ainsi mieux profiter de notre expatriation au Japon.

EF : Comment a eu lieu cette transition personnelle et professionnelle ?

FH : Lors de cette seconde pause professionnelle, j’ai choisi de suivre des cours de bijouterie au Birmingham Bloomfield Art Center et c’est rapidement devenu une passion. J’ai découvert le plaisir de manipuler l’argent, d’explorer les techniques, de les digérer puis de commencer à créer en amateur. Peu après mon arrivée à Tokyo, le hasard des rencontres m’a donné l’occasion de vendre mes créations lors de marchés de Noël. En même temps, je commençais à ressentir le besoin de retrouver une activité suivie. J’ai eu l’idée de proposer des ateliers Bijoux à la communauté française de Tokyo. Et j’ai voulu acquérir plus de compétences techniques : je me suis inscrite à des cours de joaillerie au Hiko Mizuno college of Jewelry qui proposait un parcours à la carte.
Dans le même temps, j’ai rejoint en octobre 2010 l’équipe de Femmes Actives Japon, le réseau de Femmes Actives francophones au Japon, qui venaient d’être créé un an auparavant. Cela m’a remis sur la voie d’un projet professionnel et j’ai participé début 2011 en tant que mentorée au programme de mentorat de Femmes Actives Japon. Un peu bousculé par les événements du 11 mars, ce début de mentorat m’a encouragé à me lancer et à prendre confiance pour développer mon projet d’Ateliers Bijoux comme une vraie activité professionnelle.

EF : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre activité actuelle et comment vous comptez la développer ?

FH : A travers l’Atelier d’F je propose maintenant à Tokyo des ateliers bijoux à une clientèle variée : beaucoup de femmes japonaises anglophones, mais aussi quelques francophones, toujours des françaises ou expatriées francophones, et depuis peu à des expatriées anglophones via le Tokyo American Club. J’ai choisi de développer cette activité en étant relayée par des « agents » ou associations.

Atelier d'F
J’offre à mes clientes l’opportunité d’apprendre les techniques de base pour créer des bijoux en argent (à partir de fil et pièces d’argent et de perles de verre ou semi-précieuses) tout en faisant un vrai bijou à chaque séance. Mes clientes reviennent d’une séance sur l’autre pour explorer les nombreuses techniques de travail de l’argent et se faire plaisir en créant de jolis accessoires.

Atelier d'F

Atelier d'F
Pour l’instant j’ai choisi de ne travailler qu’à mi-temps sur mon activité. Mais j’ai plein d’envies et d’idées pour continuer à transmettre ma passion à travers ces ateliers. J’aimerais aussi pouvoir développer la vente de mes propres créations. Je travaille sur un nouveau site web. Mais je dois continuer à penser cette activité pour qu’elle soit portable, et que je puisse dans un délai raisonnable poursuivre cette aventure dans une prochaine destination.

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?

FH : Le plaisir de se réinventer, d’oser sortir de ses zones de confort : ce n’est pas facile tous les jours, car il faut du temps pour construire et se faire connaître. Mais les réussites sont d’énormes récompenses, beaucoup plus que lorsqu’on travaille en entreprise. Il faut apprendre à se faire confiance et se lancer.
L’auto-entreprenariat permet aussi une grande souplesse dans l’organisation de son temps, ce qui permet aussi de profiter et d’être présente auprès de ses enfants !

EF : Si vous rentrez en France, pensez-vous continuer cette activité professionnelle ?

FH : C’est la grande question ! Chaque changement de pays amène à se reposer la question de son orientation professionnelle. J’ai la chance d’avoir le choix.
Aujourd’hui, j’envisage sérieusement à retravailler en entreprise. Après, selon le pays où nous « atterrirons », ce sera aussi une question d’opportunités.

EF : Pourquoi ?

FH : Mes enfants ont grandi et j’éprouve le besoin d’une activité professionnelle à temps plein. Mon implication dans Femmes Actives Japon m’a aussi permis de retrouver le plaisir de travailler en équipe, d’avancer à plusieurs sur des projets communs. En tant qu’auto-entrepreneure, on travaille beaucoup seul avec des ressources plus limitées.

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?

FH : D’écouter leurs envies et leurs passions et de ne pas tarder pour se lancer. C’est l’expérience qui permet d’avancer.
De se faire aider pour prendre confiance, de rencontrer d’autres conjoints qui ont eu ce type d’expérience et qui se sont lancés. Trouver une association comme Femmes Actives Japon a été un élément clé de réussite de mon projet. En tant que membre cela m’a apporté de nombreuses occasions de rencontrer des femmes aux parcours professionnels très divers et pour certaines très inspirant.
En tant que membre de l’équipe Femmes Actives Japon, mon implication m’a remise dans une dynamique forte : travailler sur les projets de l’association avec une équipe formidable a joué le rôle d’une borne énergétique ! 
Je conseillerais donc vivement à chacune de s’investir dans un réseau professionnel féminin. Dans le cas de Femmes Actives Japon, les valeurs fondatrices de l’association sont omniprésentes : professionnalisme mais aussi solidarité et partage, diversité et bien sûr convivialité. Les valeurs d’entraide se conjuguent plus couramment au féminin !
Et pour celles qui sont au Japon, n’hésitez pas à prendre contact avec Femmes Actives Japon. 

EF : Merci Frédérique et bonne continuation !

Si vous souhaitez partager votre expérience de conjoint(e) d’expatrié auto-entrepreneur(e), écrivez-moi à contact@writerforever.com
Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation au quotidien. 

dimanche 24 février 2013

Interview avec une conjointe d'expat auto-entrepreneur : Davina Vernet, photographe, témoigne


Davina Vernet

Après quelques mois d’interruption pour cause de nouvelle expatriation, je reprends mes interviews de conjoint accompagnateur ayant une carrière nomade. 


En effet, une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation. Ces interviews démontrent que l’on peut être un conjoint d’expatrié et se réaliser professionnellement. 
Ce mois-ci, j’ai rencontré Davina Vernet qui est photographe professionnelle et multi-expat. Tout comme moi, elle vient de s’installer à Shanghai et a repris son activité professionnelle. 


Expat Forever: Bonjour Davina. D’où es-tu originaire ?

Davina Vernet : Je suis originaire de Lille, dans nord de la France, où j'ai vécu pendant 26 ans.

EF : Où vis-tu actuellement et depuis combien de temps ? 

DV : Je vis à Shanghai depuis le mois de septembre 2012.

EF : Est-ce ta première expatriation ? 

DV : Non, ce n'est pas ma première expatriation. J’ai quitté la France en 1998 pour aller vivre 18 mois aux Philippines. J’étais alors enceinte de mon premier enfant. A la suite de ce premier séjour à l’étranger, nous sommes retournés vivre à Paris pendant quatre ans et j’y ai eu mon deuxième enfant. Par la suite, nous avons déménagé aux Etats-Unis, à Indianapolis dans l’Indiana, où nous sommes restés quatre ans, puis direction New York pendant deux ans et demi. Nous sommes alors rentrés en France pendant seulement 10 mois, puis Londres encore 10 mois et finalement nous avons atterri à Shanghai en septembre 2012. 

EF : Tu es photographe. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ton activité ?

DV : Une photo c'est toujours un souvenir unique. Que ce soit un événement particulier ou un instantané pris sur le vif, et pour moi toutes les occasions doivent être utilisées pour perpétrer des souvenirs. Pourquoi ne pas réunir une bande de copains qui viennent d'obtenir le bac et fixer cet instant avant le grand saut dans l’âge adulte ? Ou marquer le coup lors d’un départ, malheureusement le lot annuel des expatriés, en réunissant sur le papier glacé tous ceux qui ont partagé ce séjour à l'étranger ? C’est un cadeau merveilleux, et qui fait vraiment plaisir … Pensez aussi aux visites de copains ou de parents. Quelle émotion d'immortaliser ainsi les petits-enfants avec leurs grands-parents, et des fous rires garantis avec les copains ! 
Dans un portrait, je cherche toujours à capter un regard, une complicité, une osmose parfois... Croyez-moi, c'est inoubliable, et pas seulement pour le résultat, mais aussi pour les moments ainsi partagés. Tantôt drôles, tantôt émouvants, parfois insolites, mon travail c’est de rendre le shooting toujours magique !

EF : A priori, ton métier semble plutôt bien s’adapter à l’expatriation sur le mode récurrent. Néanmoins, quelles difficultés rencontres-tu pour te réadapter professionnellement à chaque nouvelle expatriation ?

DV : J'apprends des tas de choses à chaque expatriation, du coup je suis devenue une experte en "remontage de boîte" !
Les expatriés ont des besoins différents en fonction du pays où ils se trouvent. J’ai remarqué au fil de mes différentes expatriations que plus les personnes habitent loin, plus elles veulent avoir des photos pour envoyer à la famille, aux amis et avoir des souvenirs. 
Ainsi quand je suis dans un pays moins en demande de shootings, j'en profite pour faire des stages et même une école de photo. Ce métier me passionne et j'aime en apprendre plus. 

EF : Et par exemple, dans quels pays as-tu fait des formations complémentaires en photographie ? 

DV : A New York j'ai suivi une formation Photoshop à l'International Center of Photography. A Paris j'ai fait un stage dirigé par Vittorio Bergamaschi qui s’adresse aux photographes souhaitant se perfectionner dans la prise de vue en studio. A Londres, j’ai suivi une formation "Reflexion Business". Il s’agit d’un programme centré autour du consommateur pour apprendre dans la bienveillance et le professionnalisme les bons réflexes pour créer/développer un business pérenne.

EF : Concrètement, quelles solutions ou trucs as-tu mis en place pour adapter ton activité à chaque nouvelle installation à l’étranger ?

DV : Je ne sais jamais combien de temps je vais rester dans un pays, alors je me lance à fond à chaque fois comme si j'allais y rester toute ma vie. 
Les trucs et astuces ??? Le sourire, une carte de visite et ne pas hésiter à dire ce que je fais, car la première question qu'on nous pose à nous « les femmes d’expat », c'est « Que fait ton mari ? Dans quelle boîte travaille-t-il ? » mais jamais "Et toi, tu travailles ?"
Alors je réponds toujours avec "le sourire", mon mari travaille chez … et moi je suis photographe portraitiste installée ici. 

EF : D’après toi, en quoi ton séjour à Shanghai peut te servir à développer ton projet professionnel ?

DV : En Chine, il y a la politique de l'enfant unique. J'ai donc monté un projet sur ce sujet à Shanghai. L’idée est la suivante : un studio de photo qui se déplace dans l'entreprise pour photographier les enfants et leurs parents sur leur lieu de travail. Les enfants passent un moment dans le bureau de papa et/ou maman et comprennent pourquoi papa et/ou maman travaille(nt) autant. Les parents peuvent expliquer leur travail à leur enfant. C'est, encore une fois, un moment unique dans la vie de chacun et un beau souvenir à garder sur son bureau.
Pour les familles d'expatriés, comme je le disais précédemment, plus on est loin de son pays d'origine et plus on a envie d'immortaliser des moments importants de la vie afin de garder un souvenir et de pouvoir les partager avec la famille et les amis. Par conséquent, il y a beaucoup de demandes ici. 
J'ai la chance d'avoir un grand espace chez moi ou j'ai installé mon studio. Il y a des boîtes de déguisements, des jeux pour les enfants, etc .. Tout le monde se sent bien pendant que je fais mon shooting. Je peux travailler de chez moi en toute liberté.

EF : Qu’est-ce que t’apportes l’expatriation d’un point de vue professionnel ?

DV : J'ai de la chance de pouvoir rencontrer des personnes de nationalités différentes et qui ont des besoins différents. J’ai donc appris à me diversifier et à m'adapter aux besoins de chacun. L’expatriation m'a apporté beaucoup d'idées, de techniques différentes, de flexibilité. 

EF : Et d’un point de vue plus personnel ?

DV : C'est une belle opportunité de pouvoir voyager comme nous, mais j'avoue que de se retrouver dans un pays qui n'est pas le sien cela n'est pas toujours facile. En Chine, le choc culturel est énorme. Il faut s'adapter et surtout ne pas abandonner … Changer de pays m'a apporté une grande ouverture d'esprit, des langues supplémentaires, et beaucoup d'amies. J'ai la chance de pouvoir tout remettre en question à chaque déménagement et de faire de ma vie ce que j'ai choisi de faire. 

EF: Qu’est-ce que tu apprécies le plus dans ta vie d’expatrié et pourquoi ?

DV : Partir à la découverte d'un nouveau monde, d’une nouvelle culture, de nouvelles langues, de belles images ... C'est tellement agréable d'apprendre et de voir des nouvelles choses, j'adore. 

EF : Et que détestes-tu le plus ?

DV : Je déteste les moments de solitude, les sept heures de décalage… C'est souvent au moment où l'on veut appeler ses ami(e)s en France qu'ils dorment, alors j'envoie un mail mais ce n'est pas pareil. 

EF : Quels conseils donnerais-tu à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre leur activité professionnelle nomade ?

DV : Tout d'abord, il faut que la famille soit bien installée et que tout le monde soit heureux pour que l'on ait l'envie de se relancer dans le boulot. Pour cela, il faut prendre son temps et ne pas vouloir tout faire en même temps. Ensuite, profiter des moments seuls pour se poser les bonnes questions : comment vais-je commencer et par ou. Je pense qu'il est nécessaire de discuter avec les autres expats pour connaître les attentes du pays. 
Et surtout, la clef de la réussite de tout auto-entrepreneur nomade, c’est de toujours rester positif dans sa façon de parler. Le monde des expatriés est petit et tout se sait. Je préfère entendre « Tiens, il y a une nouvelle fille qui vient d'arriver, elle est photographe, elle a l'air motivée et son boulot a l'air vraiment sympa" que le contraire. 

EF : Merci Davina pour ton témoignage. 

dimanche 20 janvier 2013

Etre conjoint d'expatrié et auto-entrepreneur : avantages et inconvénients



La création d’une activité nomade peut être la solution idéale pour ceux ou celles qui vivent l’expatriation de manière récurrente et qui sont conjoint accompagnateur.


Dans un article récent, le site Femmexpat listait les différentes catégories de travail qui se prêtaient particulièrement bien à cette forme de nomadisme moderne qu’est l’expatriation récurrente. Un auteur comme Jo Parfitt avec son livre A Career In a Suitcase a depuis maintenant de nombreuses années vanté les mérites d’un tel choix. La lecture de son ouvrage m’a d’ailleurs fortement influencé à sauter le pas vers l’auto-entreprenariat sur le mode nomadique. Je vois de nombreux avantages à ce choix mais aussi des inconvénients.

Quels sont les avantages d’une activité nomade en expatriation ?

  • Un tel choix permet de privilégier et de mettre en avant ses passions. Quand on est passionné, on est plus motivé et donc on a plus de chance de faire aboutir positivement son projet. 
  • Avoir une activité qui nous suit permet d’être plus serein. Personnellement, savoir que je n’aurai plus à donner ma démission puis à rechercher du travail de manière systématique tous les trois ans, a été une vraie libération. 
  • Evidemment, opter pour l’auto-entreprenariat nomade permet une continuité professionnelle. Le projet professionnel devient un fil conducteur, un élément de stabilité dans un contexte de changement régulier. 
  • Un avantage de taille est la flexibilité professionnelle et personnelle que donne la mise en place d’un tel projet. L’entrepreneur nomade peut gérer son agenda comme il l’entend en fonction des contraintes de la famille expatriée (carrière de son conjoint, vie scolaire). Ce choix permet au conjoint accompagnateur d’assurer l’existence de son statut professionnel tout en restant le pilier de la vie familiale. 
  • Ce choix professionnel permet de gérer son projet à son rythme selon ses propres motivations mais aussi selon les expatriations. Je me rends finalement compte que l’expatriation porte mon projet professionnel dans le temps. C’est à la fois rassurant et motivant.

Quels sont les inconvénients d’une activité nomade en expatriation ?

  • Qu’on le veuille ou non, expatriation rime avec isolement et solitude, surtout au début d’un nouveau séjour à l’étranger. Etre entrepreneur nomade signifie souvent que son activité ne s’arrête pas alors que l’on change de pays. Or faire le choix d’une activité nomade signifie aussi souvent travailler la plupart du temps seul. Une nouvelle expatriation doublée d’une activité professionnelle nomade renforce un peu plus l’isolement et donc les risques qui y sont liés : le risque de perte de motivations et l’absence de lien social, couplés avec la problématique de la transition culturelle et du choc culturel sont un cocktail dangereux pour l’auto-entrepreneur nomade expatrié. 
  • Tout comme le télétravailleur classique, l’auto-entrepreneur nomade et expatrié – qui est donc souvent le conjoint accompagnateur – peut souffrir d’une frontière très floue entre sphère professionnelle et sphère privée. Mais contrairement à son collègue sédentaire dont le travail empiète souvent fortement sur la vie privée et familiale, c’est souvent la situation inverse qui se produit pour l’auto-entrepreneur nomade / conjoint accompagnateur qui est à la fois clef de voute et le protecteur de la stabilité familiale en expatriation. 

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quelles difficultés rencontrez-vous si vous êtes à la fois conjoint accompagnateur et auto-entrepreneur ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

Crédit photo : Free Digital Photo

lundi 6 août 2012

Interview avec une conjointe d'expatrié auto-entrepreneure


Stéphanie Tailleux
Une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation. Ces interviews démontrent que l’on peut être un conjoint d’expatrié et se réaliser professionnellement. 
Ce mois-ci, j’ai rencontré Stéphanie Talleux qui est à la fois coach, formatrice en transition professionnelle et mobilité internationale et rédactrice spécialisée en expatriation. Elle vient de publier Conjoint d’expatrié, votre carrière continue ! aux éditions Studyrama Pro. 


Expat Forever : Bonjour Stéphanie. D’où êtes-vous originaire ?

ST : Du Pas-de-Calais ! Je reste très attachée à ma région d’origine.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 

ST : Je vis à Paris depuis novembre 2010.

EF : Vous avez été expatriée à Londres, Singapour et Hong Kong. Pouvez-vous nous retracer votre parcours d’expatriée et votre ressenti personnel pour chacune de ces destinations ?

ST : Mon parcours d’expatriée recouvre presque toute ma vie de femme ! Ma première expatriation a été à Londres. J’ai toujours senti que l’on partirait un jour. J’ai d’ailleurs très vite géré la fin de mes études et le début de ma carrière en prévision de ce départ. Ce fût donc Londres, en 1998. J’avais 28 ans et mon deuxième enfant venait de naître. La découverte de la vie expatriée m’a libérée d’une injonction sociétale française : reprendre vite le travail à l’arrivée du bébé. J’avais un vrai besoin de vivre pleinement l’arrivée de mes enfants avec du temps pour eux, un temps que je ne compte pas, que je ne gère pas, un peu comme un animal. Dans la communauté expatriée, ce choix de vie est socialement accepté, mais aussi dans la société anglaise. Ce n’est pas forcément formidable pour le statut de la femme, pour son autonomie. Mais enfin, cela a parfaitement collé avec ce besoin personnel à cette période de ma vie. On peut dire que Londres a permis que je satisfasse ce critère personnel de réussite de carrière.
Très vite, après la naissance de mon troisième enfant, nous sommes revenus vivre à Paris. J’ai souhaité y conserver certains aspects de la vie londonienne : nous nous sommes installés près d’un parc et nous avons inscrit les enfants dans une école bilingue. Elles ont y ont retrouvé des enfants expatriés anglais, japonais, coréens, etc venus vivre à Paris. Nous avons souhaité qu’elles restent des « third culture children ». Nous-mêmes sommes restés des internationaux à vie…
Mon mari a ensuite souhaité travailler à Singapour. C’est vraiment là, à Singapour, que j’ai découvert la communauté expatriée. J’étais rédactrice en chef du magazine expat francophone local. Très vite, j’ai compris la valeur du rapport d’étonnement des nouveaux venus, et surtout des primo partants. Mais j’ai vite réalisé que certains sujets étaient difficiles à aborder : le malaise des femmes conjointes d’expatriés, les difficultés des adolescents, etc. Il fallait présenter l’expatriation sous son côté flatteur. Nous avons pu traiter certains sujets, d’autres ont été édulcorés avant de pouvoir paraître… C’est de cette manière que j’ai découvert ce que l’on appelle « le mythe sexy de l’expatriation ». J’ai aussi beaucoup appris sur les opportunités formidables du monde de l’expatriation dans l’acquisition de nouvelles compétences professionnelles. Bien abordé, ce passage peut constituer un véritable tremplin, ouvrir de nouvelles opportunités. J’ai commencé à construire un solide réseau professionnel à Singapour.
Nous sommes ensuite partis vivre à Hong Kong. Mon mari passait presque 50% de son temps en dehors de Hong Kong, je m’y suis donc sentie très seule. Sur place, j’ai commencé à modéliser les clés de réussite de la carrière du conjoint d’expatrié, en marge de mon travail de journaliste. J’y ai fortement consolidé mon réseau professionnel, plus que mon réseau affectif d’ailleurs. 
Nous sommes ensuite revenus vivre à Paris. Je suis heureuse de retrouver mon pays, mes amis et ma famille et de m’installer durablement sur le plan professionnel.

EF : Pendant cette longue période d’expatriation, comment avez-vous réussi à gérer votre carrière et votre statut de conjointe accompagnatrice ? 

ST : Cela s’est fait de manière empirique, comme de nombreux conjoints. Avec beaucoup de moments de solitude et de doutes. De manière informelle, une fois en expatriation, j’ai vite senti que la question de ma carrière n’était pas d’actualité. Il faut une belle dose d’énergie pour la remettre au premier plan. 
Dès mes études, la dimension internationale s’est imposée. Mon mémoire de fin d’études à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble portait sur la gestion des ressources humaines à l’international, celui du Celsa ensuite s’intéressait à la communication interculturelle. J’ai formé ensuite des DRH à l’interculturel au sein d’un cabinet de consultants.
Après notre expatriation à Londres, j’avais perdu le fil de ma carrière. A cette époque, j’aurais eu besoin de faire un bilan et d’être accompagnée. Au contraire, j’ai agi de manière empirique aux côtés d’une amie aux prises avec les mêmes problématiques que moi : elle était de retour d’une expatriation en Australie. Je suis allée vivre à Singapour et elle est partie s’installer à Montpellier, nous avons suivi nos maris…
A Singapour, j’ai profité des opportunités offertes par le bénévolat en expatriation. On peut vivre en expatriation de véritables expériences professionnelles avec le même degré d’exigence qu’en entreprise. L’important est d’être au clair avec son objectif personnel. Le mien était de continuer dans la communication et d’y acquérir de nouvelles compétences. On m’a offert la possibilité de manager une belle équipe de rédaction. Je me suis lancée, c ‘était une expérience formidable. 
A Hong Kong, la société de mon mari m’a offert les services d’une coach pour retrouver un travail sur place, ainsi que des cours de langue. J’étais enchantée de cette opportunité. Mais cela a surtout été l’occasion de comprendre les insuffisances de ce type de prestations: incompréhensions interculturelles, aucun travail sur les freins personnels, pas de mise à profit des opportunités offertes par le monde de l’expatriation. Ce fût l’impulsion pour lancer mon propre projet !  Tout naturellement, de retour à Paris, j’ai suivi ma propre méthode pour me réinsérer professionnellement. 

EF : Aujourd’hui vous êtes coach, formatrice en transition professionnelle et mobilité internationale et rédactrice spécialisée en expatriation. Comment en êtes-vous arrivé là ?

ST : Je m’appuie bien entendu sur mes connaissances acquises en gestion des ressources humaines à Sciences Po et en communication interculturelle au Celsa. Et sur ma forte connaissance du milieu expatrié, de ses ressources et contraintes. 
Ma progression ne laisse désormais rien au hasard et permet de saisir toutes les opportunités : je suis ma méthode et je travaille sur mes trois axes : mon réseau, ma performance et mon image :
  • Ma performance : je me suis formée au coaching pour accroitre l’impact et l’efficacité de mes formations. J’ai ainsi adapté le meilleur des outils de coaching aux besoins des conjoints. J’accompagne mes clients dans la conduite de leur projet de manière personnalisée. Je rédige en outre un livre sur le changement de carrière avec 8 managers du réseau professionnel EPWN, ce qui me permet de mettre le doigt encore plus précisément sur les spécificités de la transition professionnelle en expatriation et d’actualiser mes compétences en ressources humaines. J’ai en outre suivi des séminaires de spécialisation au Celsa : techniques de recherche d’emploi, e-réputation, etc. je me forme en permanence.
  • Mon réseau : la construction de mon réseau est désormais une démarche professionnelle. Il me permet d’actualiser mes  compétences et d’en acquérir de nouvelles, de gérer ma visibilité et de me ressourcer. Depuis mon arrivée à Paris, j’ai enrichi mon réseau des meilleurs spécialistes en matière de mobilité internationale.
  • Mon image : mon livre est un des axes de communication sur mon expertise. Je travaille actuellement sur le site internet et le blog pour rester en contact permanent avec mon réseau et mes clients. 

EF : Votre livre Conjoint d’expatrié, votre carrière continue ! vient d’être publié aux éditions Studyrama Pro. Pouvez-vous nous en parlez un plus ?

ST : J’ai développé une méthode de conduite de carrière pour le conjoint d’expatrié. On sait très bien gérer les carrières linéaires en France mais on aborde beaucoup plus difficilement les carrières atypiques. Les Français ont un frein culturel par rapport à ce type de carrière, principalement parce qu’ils n’ont pas appris à la conduire. Le conjoint d’expatrié vit une situation particulière : d’une part, il mène cette carrière dans un milieu inconnu et il lui faut apprendre à repérer les opportunités offertes par l’expatriation pour son projet professionnel. Il faut bien reconnaître que la carrière du conjoint est rarement une priorité pour l’entreprise, dans la communauté expatriée et même au sein des couples. Par conséquent si il existe une vraie culture de l’accueil en expatriation, la culture de l’accueil du conjoint en tant que professionnel en recherche d’emploi est rare. Le conjoint en arrivant dans un nouveau pays constate qu’il a perdu de nombreux points d’appui (une langue dans laquelle il est performant, un réseau, un environnement connu, etc.), mais il est totalement aveugle sur les opportunités qui s’offrent à lui. Le partage d’expérience est rare sur ces points.
Ce livre pallie cette carence. Vous y découvrirez ma méthode et de nombreux outils pour conduire votre carrière en tant que conjoint suiveur en expatriation. Il s’adresse aux conjoints, une population qui me tient à cœur, mais il est tout aussi efficace pour les personnes qui souhaitent chercher un travail à l’étranger en solo. Il propose un portrait réaliste du monde de l’expatriation, de ses dangers mais aussi de ses opportunités. J’aborde la question de l’efficacité professionnelle dans ce contexte mais aussi dans une très large mesure celle du bien-être car il est indispensable à cette efficacité. Il dévoile ainsi la face cachée de l’expatriation, sans langue de bois.

Le livre de Stéphanie Tailleux


EF: Quels conseils d’ordre personnel et professionnel donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs qui s’apprêtent à suivre leurs partenaires à l’étranger pour la première fois ?

ST : Avant tout se donner le droit de construire son propre projet, personnel et professionnel. On a trop souvent tendance à se mettre au second plan de celui de l’expatrié. Puis s’en donner les moyens en construisant en quelque sorte un contrat d’expatriation avec son conjoint où chacun exprime ses vrais besoins et ses souhaits pour cette nouvelle aventure. 
Et surtout, surtout prendre soin de son bien-être. 

Merci Stéphanie pour cet interview et votre livre qui repondent à la realité du conjont d'expatrié.

lundi 30 avril 2012

Les qualités nécessaires pour gérer expatriation, travail et vie de famille


En février, Delphine de Femmes de Challenges m’avait invité pour parler de mon parcours professionnel en tant que conjointe accompagnatrice. L’objectif était d’expliquer comment j’avais réussi à gérer vie privée et vie professionnelle dans un contexte d’expatriation récurrente. A la fin de l’interview, elle m’a posé une question très intéressante sur laquelle j’ai envie de revenir aujourd’hui car la réponse résume à elle seule la manière dont j’y suis tant bien que mal parvenue : 

« Quelles sont selon toi les qualités qui t’ont permis d’en arriver là ? » me demandait Delphine afin de conclure l’interview. Il m’avait alors fallu quelques secondes de réflexion pour lui répondre sans hésitation les quatre mots suivants.
  • ANTICIPATION
Dans la mesure du possible, il faut toujours essayer d’anticiper au maximum.

Sur le plan personnel, cela signifie qu’il faut se renseigner sur son pays d’accueil, lire des livres (guides, romans, tout ce qui vous tombe sous la main), éplucher les sites internet et les blogs disponibles, regarder les documentaires ou les films dont l’action se déroule dans votre futur pays d’accueil. Si vous avez la chance de faire un voyage de découverte par le biais de l’entreprise ou de l’organisation qui vous envoie, c’est encore mieux. Perso, je n’ai jamais eu ce privilège et j’ai jusque-là du découvrir l’essentiel … sur le tas ! Sollicitez votre réseau personnel pour voir si votre entourage a déjà des contacts sur le lieu de votre future destination puis contactez ces personnes sur place. Soyez à l’écoute de ceux qui y ont déjà voyagé ou vécu mais sachez aussi faire la part des choses et prendre de la distance par rapport à ce que l’on vous en dit. 
Sur le plan professionnel, l’anticipation est aussi un facteur clef quel que soit votre projet. Si vous avez le droit de travailler dans votre futur pays d’accueil, ayez en tête qu’il vous faudra d’abord être en règle avec les autorités locales (l’obtention d’une autorisation de travail est souvent nécessaire) pour vraiment commencer à chercher. En attendant, rien ne vous empêche de commencer à retravailler votre CV, à mettre à jour votre profil LinkedIn, Viadeo ou toute autre réseau social dans votre pays d’expatriation. Enfin, comme sur le plan personnel, mobilisez votre réseau professionnel pour qu’il vous mette en contact avec des professionnels locaux. Attendez toutefois d’avoir très officiellement annoncé votre départ auprès de votre employeur pour le faire. 
Si vous n’êtes pas autorisé à travailler dans votre future pays d’accueil, commencez tout de suite à réfléchir à ce que vous voulez faire de ces années à l’étranger. Restez positif(ve). Pensez à vos passions. Sky is the limit, comme disent si bien les américains. 
  • FLEXIBILITE
Lors d’une expatriation, tout est question de dosage. Si je pense qu’il faut beaucoup anticiper et s’y préparer, il faut aussi savoir laisser un peu de place à la part d’inconnu et d’imprévisible qu’il y a dans ce genre d’aventure. Lors d’une expatriation, la FLEXIBILITE est un atout majeur. Si vous ne possédez pas cette qualité, ne vous en faites pas, l’expatriation va vous y amener. Tant de choses initialement prévues peuvent changer à la dernière minute dans ce genre de projet. Autant le comprendre tout de suite : rien n’est inscrit dans le marbre lorsque vous partez en expat.
Si vous êtes un conjoint accompagnateur en recherche d’emploi, faites preuve aussi d’une grande flexibilité. Ayez conscience que vous ne pourrez pas forcément retrouver un emploi dans le même secteur, avec le même niveau de compétences … ni avec le même salaire. Bien sûr, rien n’est impossible, mais il faudra faire preuve de patience et de … flexibilité. Accepter des missions temporaires ou faire du bénévolat fait partie des étapes nécessaires, qui d’ailleurs vous aideront lors du processus de recrutement : ces expériences vous apporteront une meilleure connaissance du monde du travail localement. 
  • AUTONOMIE / INDEPENDANCE
Je pense que pour réussir sa vie de conjoint accompagnateur, il faut être ou devenir très autonome et faire preuve d’une grande indépendance. En effet, votre conjoint risque d’être très pris par ses nouvelles fonctions et n’aura que peu de temps à consacrer (malheureusement) à sa famille. C’est un fait. N’attendez pas après lui ou elle pour construire vos projets ou vous investir dans des activités. Je ne veux pas dire qu’il ne faut pas lui en parler. Mais sachez prendre des initiatives seul(e). Votre conjoint en sera d’autant plus fier que cela lui renverra un message positif : vous prenez les choses en main, votre expat en couple et en famille est sur la voie de la réussite.
  • OUVERTURE D’ESPRIT
Il y a une expression américaine que j’aime beaucoup, c’est to think out of the box. Je l’ai découverte en lisant les annonces d’emplois. C’était souvent une qualité dont devait faire preuve les candidats. Ne trouvant pas de travail au sens classique du terme, j’ai décidé de « penser en dehors de la boîte» par rapport à ma situation professionnelle. Comment trouver une activité correspondant à mon mode de vie d’expat et à ma situation personnelle de mère de famille ? Autrement dit, il s'agissait de revisiter les concepts de travail (de 9h00 à 17h00) et de carrière.
L’ouverture d’esprit, c’est aussi savoir remettre en cause les modes de fonctionnement intégrés de notre société moderne et raisonner autrement, à savoir en dehors du cadre préétabli. 

Et vous, quelles sont les qualités qui vous ont permis de réussir votre expatriation ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

vendredi 9 mars 2012

Interview d'expat : rencontre avec Marc Martin-Gianni, fondateur du site Télétuteur


Marc Martin-Gianni
Une fois par mois, Expat Forever vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat entrepreneur ou parfois les deux en même temps afin de mieux comprendre et d’appréhender la vie au quotidien en expatriation. 

Ce mois-ci, la donne change puisque c’est un homme, Marc Martin-Gianni, qui s’est prêté au jeu des questions réponses ! Marc en est déjà à sa quatrième expatriation en tant que conjoint accompagnateur. Il vient de créer son entreprise en ligne, Télétuteur, qui selon moi intéressera beaucoup les familles expatriées francophones !

Expat Forever: Bonjour Marc. D’où êtes-vous originaire ?

Marc Martin-Gianni : Bonjour. J’ai des origines corses et dauphinoises ; mais le côté corse l’emporte largement. J’espère les bons côtés uniquement. Mais ma base est à Lyon, depuis 1986.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 

MM-G : Nous vivons presque entre deux villes puisque que notre code postal correspond à Bethlehem et que nos taxes sont payées à Lower Nazareth. Ces deux villes sont situées en Pennsylvanie, dans la Lehigh Valley, à deux heures de New York et environ une heure de Philadelphie. 

EF : Est-ce votre première expatriation et quelle en est la raison ? 

MM-G : C’est ma quatrième expatriation, si je compte celle de ma petite enfance. J’ai en effet passé six ans au Maroc, juste après ma naissance en Corse. A part cette expatriation donc, les trois autres avaient pour raison principale et unique l’amour... J’ai suivi ma femme qui a eu la possibilité de partir pour le compte de sa société. 

EF : Pouvez-vous retracer votre parcours d’expatrié et votre ressenti personnel pour chacun des endroits ou vous avez vécu jusqu'à maintenant ?

MM-G : A l’âge adulte, ma première expatriation date de 1999. J’ai passé trois ans et demi à Hong Kong. C’est un très bon souvenir. Nous étions jeunes et beaux... sans enfants surtout, ce qui nous a permis de voyager énormément (Vietnam, Chine, Bali, Australie, Nouvelle Zélande, Malaisie, Thaïlande, Philippines). J’ai appris à aimer un continent qui ne m’attirait pas beaucoup à l’époque. Notre premier enfant est né là-bas, ce qui crée des liens encore plus forts.
Après un retour sur Lyon de six ans, nous sommes repartis en 2008 au Canada, à Toronto, initialement pour trois à cinq ans, mais nous n’y sommes restés que deux ans. Toronto est une grande ville cosmopolite avec une forte composante asiatique. Cela nous a fortement rappelé Hong Kong, d’autant que le quartier où nous vivions était « très asiatique ». Nous y avons retrouvé de bons restaurants chinois. Nous avions un cercle d’amis (essentiellement français) avec qui nous avons fait beaucoup de week-ends dans des cottages au bord des lacs. Nous avons pas mal voyagé dans le pays et même passé un jour de l’an à Cuba. C’est une bonne expérience également... trop courte.
Depuis 2010, nous vivons donc aux Etats-Unis. Les choses sont assez différentes puisque nous sommes plus dans la campagne ce qui a des avantages (maison plus grande avec piscine, tranquillité, gens plus relax) et des inconvénients (moindre offre culturelle surtout), mais NYC et Philadelphie ne sont pas trop loin et il se passe aussi des choses ici, mais surtout cela nous oblige à avoir une voiture. C’est indispensable pour tout, ce qui n’était pas le cas à Toronto et encore moins à Hong Kong où nous n’avions d’ailleurs pas de voiture. Il est également plus difficile de trouver un emploi que dans une grande ville.

EF : Pensez-vous qu’il est plus difficile d’être un conjoint accompagnateur quand on est un homme que lorsque l’on est une femme ? Pourquoi ?

MM-G : Je ne suis pas sûr que cela soit plus dur pour un homme. Tout dépend si l’on travaille ou pas. Si on a le statut “d’homme au foyer“, cela est peut-être plus dur à vivre pour certains. Le conditionnement social fait que même chez les plus jeunes, il peut être mal vu pour un homme de rester à la maison pendant que madame travaille. Mais si on assume cela... il n’y a pas de problème. 
Il me semble qu’en général, les problèmes que celui qui accompagne peut rencontrer ne sont pas liés au sexe : la frustration née de l’arrêt ou de la mise entre parenthèses d’une carrière, l’isolement relatif... mais je peux me tromper. Et puis les mamans regardent souvent avec tendresse les rares papas qui amènent leurs enfants à l’école... ça n’est pas désagréable. 

EF : Quel est votre vécu par rapport au fait d’être un conjoint accompagnateur? Quelles ont été et sont les réactions autour de vous ?

MM-G : Mon vécu est assez mitigé en fait. Quand je travaillais (j’ai enseigné à Hong Kong et à Toronto), il n’y avait pas de soucis. Le fait de ne plus travailler depuis notre arrivée aux Etats-Unis est plus pénible à vivre. Quand je dis travailler, je parle d’un travail “socialement reconnu“. Je ne suis pas inactif depuis deux ans, j’ai suivi deux formations de scénariste, j’écris un roman et je viens de créer un site. Mais ce sont des activités pour l’instant peu productives (financièrement et socialement) et ce sont des activités solitaires. L’isolement est sans doute la chose la plus difficile à vivre. J’ai des activités à l’extérieur pour palier à cela (karaté, yoga, cours d’anglais...) mais le fait de ne pas être professionnellement inséré est plus délicat à assumer. Je n’ai jamais connu le chômage en France, mais je comprends ce que peuvent ressentir des chômeurs de longue durée... et je n’ai pas derrière moi de pression financière puisque le statut de mon épouse nous permet de vivre confortablement.
Mais encore une fois et pour rebondir sur la question précédente, je pense qu’une femme qui aurait été active avant l’expatriation, aurait pu avoir le même ressenti.
Les réactions autour de nous n’ont jamais été négatives, que ce soit de la part de la communauté expatriée ou de la part des “locaux“. 

EF: Quelles difficultés avez-vous rencontré au début de votre installation aux Etats-Unis ?

MM-G : Pas de difficultés particulières si ce n’est l’isolement évoqué auparavant. Le fait d’avoir passé deux ans à Toronto a permis un atterrissage en douceur. Le choc aurait été sans doute plus “rude“ si nous étions arrivés directement de France. Toronto est une grosse ville nord américaine, semblable à beaucoup de villes américaines. Les gens sont plus ouverts ici, plus curieux aussi. Toronto a les tares des grosses villes comme Paris : gens pressés, stressés par le rythme...

EF : Vous avez créé en 2012 le site Télétuteur. Comment et pourquoi avez-vous été amené à développer un tel projet ? 

MM-G : Ce site que je viens de créer est probablement né du fait que je possède la triple casquette de père (qui doit suivre les devoirs et c’est parfois “intense“), d’enseignant (qui avait un réel besoin de reprendre contact avec son métier de base) et d’expatrié (qui connaît les difficultés que peuvent créer l’éloignement pour trouver des gens compétents en éducation et parlant français). Un cours via Skype ne remplacera pas une relation “directe“ en face à face, mais dans des cas bien précis, cela me semble une solution très intéressante et prometteuse. Et je pense que dans le futur, la technologie nous permettra d’aller plus loin.


EF : Quels genres de services proposez-vous ? 

MM-G : Le site Télétuteur s’adresse en priorité aux enfants expatriés (aux Etats-Unis ou ailleurs) qui ne suivent pas une scolarité dans un système français, et dont la durée d’expatriation est plus ou moins connue. Cela dit, je suis ouvert à toutes propositions.
Je propose 3 types de services : 
- une aide aux devoirs ou un suivi du programme du CNED.
- un soutien scolaire en cas de difficultés passagères ou plus profondes.
- une préparation à l’apprentissage de la lecture pour les enfants de cinq ans. Cela peut être très utile et efficace pour des enfants dont le retour en France coïncidera avec une entrée au CP. 
Je propose également des cours de français à des non francophones.


EF : Sur le moyen – long terme, comment souhaitez-vous faire évoluer ce projet ?

MM-G : J’espère que ce site coïncidera à des attentes et qu’il prendra de l’ampleur. C’est mon ambition. Si cela ce passe ainsi et que la demande dépasse l’offre, je souhaite pouvoir m’associer avec d’autres collègues à travers le monde pour avoir une offre suffisante qui de plus ne souffrira pas des décalages horaires. Mes expatriations m’ont permis de nouer des liens solides en Asie et au Canada.  

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?

MM-G : Si je devais me définir par un seul mot, je dirais création (ou créateur). Un enseignant est pour moi un créateur : créateur de l’envie d’apprendre chez ses élèves, création des conditions et des situations pour la progression de ses élèves. Je détruis mes fiches de préparation d’une année sur l’autre (je peux garder les idées, les moyens, pas les fiches) pour avoir le plaisir et l’effort à faire de les recréer l’année suivantes (si j’ai le même niveau). J’écris, je peins, je construis des objets pour mes enfants... La création est un moteur pour moi. Donc créer un site et une micro entreprise était une nouveauté pour moi, un challenge excitant.
Je suis inquiet de l’état du système éducatif public français et s’il n’est pas réformé en profondeur, je pense que les choses ne vont pas s’arranger. Si ce site se développe bien, il pourrait me permettre à terme de quitter l’Education Nationale... non sans regrets.

EF: Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans votre vie d’expatrié et pourquoi ?

MM-G : Ce qui me plaît le plus c’est ce qui m’enrichit : la découverte et la confrontation parfois à une culture différente, à des mentalités différentes. J’ai compris pas mal de choses sur les Etats-Unis depuis que je suis là. Pour être totalement honnête, la vie d’expatrié permet aussi, quand l’un des deux a le statut d’expatrié, d’avoir un niveau de vie supérieur à celui que nous avions en France. C’est un aspect non négligeable qu’il faut garder à l’esprit avant le retour en France. Cela permet de nombreux voyages pour découvrir le pays.

EF : Qu’est-ce que vous détestez le plus dans ce mode de vie et pourquoi ?

MM-G : Il n’y a rien que je déteste... heu si peut-être le fait qu’ils conduisent mal et qu’ils fassent presque tout dans leur voiture.
Plus sérieusement, ce qui me dérange le plus, c’est l’éloignement avec la famille. Je suis fils unique, mes parents vieillissent, donc cela crée une petite pression. Mais la technologie moderne permet de nous parler et de nous voir une fois par semaine via Skype. Lors de notre première expatriation, nous avions offert à nos parents des fax... Internet commençait à peine...

Q: Que conseillerez-vous à d’autres hommes qui s’apprêtent à suivre leur conjointe à l’étranger pour la première fois ?

MM-G : S’ils s’apprêtent à partir, c’est que la décision est donc prise. 
Chaque cas étant unique, il est difficile de donner des conseils généraux. Je leur recommande après la phase d’installation et de découverte, soit de chercher un emploi dans la mesure du possible, soit de s’impliquer dans des associations, de faire du sport en club, de participer à la vie de l’école de leurs enfants si enfants il y a, et surtout d’essayer de comprendre en profondeur la culture, la sociologie du pays qu’ils habitent.
Je crois que c’est à nous de faire l’effort d’aller vers les habitants du pays qui nous accueille, pas le contraire.

EF : Merci Marc et longue vie à Télétuteur !

MM-G : Merci à vous, Véronique. 

mardi 6 mars 2012

Conférences sur l’expatriation et la recherche d’emploi aux Etats-Unis


Au mois de mars, deux dates clefs sont à retenir pour ceux et celles qui veulent en savoir plus sur l’expatriation et la recherche d'emploi aux Etats-Unis.

  • ExpatUnited organise le 8 mars à 15h00 (heure française) une conférence au titre prometteur : Les cinq clefs d’une expatriation réussie. L’intervenante sera Sophie de Puybaudet, coach et formatrice spécialisée en expatriation. Pour en savoir plus et pour s’inscrire, consultez le site d’ExpatUnited. 


  • Le site Femmes de Challenge organise une conférence-interview dont l’invitée du mois est Myriam Le Cannellier, co-fondatrice et directeur du cabinet de recrutement DSML Executive. Elle répondra aux questions sur la recherche d’emploi aux Etats-Unis. Attention, cette conférence concerne en priorité les personnes qui ont déjà un visa de travail. Rendez-vous le 22 mars a 19h00, heure française. Pour en savoir plus et pour s’inscrire, consultez le site Femmes de Challenges.

A vos claviers ...

vendredi 23 septembre 2011

Pistes, solutions et conseils pour la recherche d’emploi du conjoint accompagnateur en expatriation


Après mon billet sur les défis de la recherche d’emploi du conjoint accompagnateur, je tente dans celui-ci d’apporter des solutions et vous propose quelques pistes concrètes. 

Quelques conseils de base :

  • Anticiper, anticiper, anticiper toujours et encore !
  • Oui, j’ose encore le dire : apprendre la langue du pays. C’est la meilleure solution pour rencontrer d’autres personnes qui sont dans la même situation que vous, vous créer un réseau d’amis qui non seulement vous soutiendra au début mais qui peut aussi par la suite être une source d’information sur les us et coutumes en matière de recherche d’emplois localement. 
  • Saisir les opportunités professionnelles ou savoir se les créer : on ne va peut-être pas vous proposer immédiatement le job de vos rêves, alors il faut savoir attendre tout en étant active. Avec l’expatriation, j’ai appris la patience, la flexibilité et la persévérance. Même un petit boulot de quelques heures peut permettre de sortir de chez soi, de rencontrer des gens et donc de remonter le moral. Et puis, quand l’heure sera venue de faire votre CV, vous pourrez toujours faire le tri au sein de ces différentes expériences. L’important, ce sont les compétences acquises, peu importe le contexte de l’expérience (bénévolat, associations de français, écoles des enfants …). 
  • Dans le cadre d’une recherche d’emploi en expatriation, il y deux questions récurrentes auxquelles les conjoints accompagnateurs doivent de préparer: Qu’est-ce qui vous a amené dans notre beau pays et pour combien de temps ? La première, on peut y répondre facilement puisqu’en général c’est pour suivre son partenaire. Pour la deuxième, je conseillerai de rester vague sinon cela peut être rédhibitoire (croyez-moi, c’est du vécu !). Je pense que la durée du séjour à l’étranger ne doit pas intervenir dans le recrutement. Dans ce cas, c’est la loi du marché de l’emploi qui s’applique. Après tout, si un local est recruté, il est tout à fait possible qu’il reste moins longtemps dans le poste que vous. 
  • Si vous êtes une multi-expat ou comme je les appelle une « serial expat », créez une activité portable et mobile basée sur vos motivations personnelles. C’est l’aventure dans laquelle je me suis lancée depuis 2009. 

Enfin, quelques sites pour vous aider dans votre recherche en amont de votre expatriation : 


L’objectif de cette fondation est de développer l’accès au marché de l’emploi aux conjoints accompagnateurs en facilitant l’octroi de permis de travail, en faisant améliorer la législation des pays d’accueil. Je vous conseille notamment de visiter leur page lien qui en fonction du pays fait un état des lieux de la situation. 

Partnejob est une base de données mondiale dont les entreprises qui en sont membres peuvent mettre en ligne leurs offres d’emplois. Parallèlement, les conjoints de leurs employés peuvent y poster leur CV, consulter et poser leur candidature aux offres d’emplois de toutes les entreprises membres de ce réseau. Les entreprises paient une adhésion pour pouvoir utiliser ce service. Les conjoints peuvent y accéder par le biais d’un mot de passe qui leur ai donné par l’entreprise de leur conjoint à partir du moment où celle-ci est membre. Pour continuer à bénéficier de ce service, le conjoint doit rester actif dans sa recherche d’emploi en visitant et en mettant à jour son CV au moins une fois tous les six mois sur une période de 18 mois. 


Dualexpat est un « club d'entreprises ayant des salariés en situation de mobilité internationale, qui souhaitent apporter aux intéressés et à leurs conjoints un support concret, notamment pour répondre aux situations de double carrière, en pariant sur les synergies nées de la mise en commun de moyens, idées, initiatives et opportunités. » (Source : site Dualexpat). Les entreprises adhèrent à Dualexpat puis transmettent au conjoint du salarié un mot de passe pour accéder à l’ensemble des services. Une adhésion individuelle, c’est-à-dire pour les personnes non sponsorisées par une entreprise membre, est possible notamment par le biais des programmes en ligne (e-pack mobility, e-services, e-coaching). 


Ces accords ont été signés en décembre 2001. « Cette convention permet au salarié d’une entreprise signataire dont le conjoint ou le partenaire (PACS) est envoyé en expatriation par une autre entreprise également signataire, de bénéficier d’un congé sans solde destiné à lui permettre de quitter son pays d’origine sans obligation de rompre son contrat de travail. A ce jour, 28 grandes entreprises ont signé cet accord pour faciliter la mobilité internationale de leurs collaborateurs. » (Source : site internet des accords Cindex)

Bonne recherche !

Et vous quels autres conseils donneriez-vous ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

Crédit Photo : Free Digital Photos

mercredi 21 septembre 2011

Les défis de la recherche d’emploi du conjoint accompagnateur en expatriation


Comme promis il y a deux jours, voici mon second billet sur le thème de l'emploi du conjoint expatrié. 


Il existe quatre principaux défis ou obstacles à la recherche d’emploi lorsque l’on est conjoint accompagnateur : 
  • Le permis de travail : tout conjoint accompagnateur souhaitant continuer à travailler à l’étranger doit se poser urgemment les questions suivantes : suis-je autorisé(e) à travailler dans mon futur pays d’accueil ? Est-ce que mon visa m’y autorise ou non ? Si cette question n’est pas valable dans le cadre de l’Union Européenne pour les ressortissants de celle-ci, elle l’est évidemment en dehors. Avant de dire oui, à votre conjoint (ou plutôt à sa DRH), explorer avec lui (et dans la mesure du possible avec sa DRH) quelles sont les options envisageables. 
  • La connaissance de la langue du pays d’accueil : même si vous êtes autorisé(e) à travailler en Pétaouchnoquie, parlez-vous suffisamment bien le Pétaouchnoquais pour pouvoir décrocher un emploi correspondant à vos compétences ? Comme j’aime à le répéter sur ce blog, apprendre la langue du pays d’accueil est indispensable pour bien s’y intégrer. Mais pour y travailler, il vous faudra atteindre un bon niveau et cela demande du temps. Il faut parfois plusieurs années pour acquérir un niveau permettant de trouver du travail, ce qui ne colle pas toujours avec la durée des contrats d’expatriation. Pour résumer, c’est juste quand votre niveau en Pétaouchnoquais est à peu près potable, qu’il faut partir. A titre d’exemple, j’ai pris neuf mois de cours intensifs de Norvégien et c’est seulement au bout de deux ans que j’ai trouvé un emploi à plein temps mais pas dans le secteur auquel je me destinais initialement. 
  • La reconnaissance des diplômes : certaines formations sont difficilement exportables et il est difficile d’obtenir des équivalences. Les conjoints expatriés doivent souvent refaire une formation voire parfois carrément refaire leurs études. Si cette option est valable pour ceux qui s’expatrient définitivement dans un pays, elle n’est pas envisageable pour ceux qui changent de pays régulièrement. 
  • Des opportunités d’emplois limitées et la concurrence locale sont les derniers défis. Même si vous êtes autorisé(e) à travailler, que vous parlez la langue du pays et que vos diplômes sont reconnus, il n’en demeure pas moins que vous devrez faire face à la concurrence locale, qui dans le cadre de la crise économique actuelle, peut etre forte. Si le taux de chômage est élevé, comme c'est par exemple le cas aux Etats-Unis en ce moment, un employeur sera tout de meme plus tenté de recruter un compatriote que vous. Enfin, c'est ce que je pense (là, j'aimerais bien avoir vos avis!!!)
Evidemment dans la pratique, il y a toujours des opportunités qu’il faut savoir saisir. Mais il faut aussi avoir conscience des difficultés auxquelles on peut être confronté(e) pour mieux s’y préparer. Dans ce billet, je ne fais donc que dresser un état des lieux de la situation compte de tenu de ma propre expérience et de celle de conjoints que j’ai pu rencontrer. Mais haut les cœurs ! Car mon prochain billet traitera des pistes et des solutions à mettre en place dans le cadre de la préparation d'une recherche d’emploi en expatriation. 

A suivre …

Et vous, quels défis avez-vous rencontré dans votre recherche d’emploi à l’étranger ? Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

Credit photos : Free digital Photos

mardi 20 septembre 2011

Expatriation et emploi du conjoint accompagnateur


Lorsque je suis partie pour la première fois en expatriation en 1999 en Norvège pour suivre celui qui n’était pas encore mon mari, je ne me suis pas trop posée la question de savoir ce que j’allais faire là-bas. Tout simplement parce que j’entamais ma dernière année de doctorat en Sciences Politiques et qu’il fallait que je termine de rédiger ma thèse. 

Que je sois en France ou en Norvège pour le faire ne faisait pas une grande différence. J’avais finalisé mes recherches et j’emportais avec moi tout mon matériel empirique. Je n’avais donc plus qu’à terminer ce long labeur entamé trois ans auparavant. Et puis, la rédaction ne me faisait pas peur, au contraire, c’était une étape libératrice ! C’est seulement dix mois plus tard que j’ai vraiment été confrontée à la réalité : qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire en Norvège avec un doctorat en Sciences Politiques alors que je baragouinais tout juste la langue locale? Bien sur, j’avais des projets et des idées. Mais mon choix personnel de vivre à l’étranger avait remis en cause mon projet professionnel initial. Il allait falloir que je m’adapte pour concilier ce mode de vie de « serial expat » (un déménagement à l’international tous les trois ans) et ma volonté de travailler. 

L’emploi du conjoint accompagnateur est un sujet crucial non seulement pour les intéressés mais aussi pour les entreprises qui expatrient leurs salariés, car cette question conditionne souvent les départs à l’international. En effet, bon nombre de couples refusent une telle expérience car l’un des membres du couple doit renoncer à son emploi. Ainsi selon une étude réalisée par Permits Foundation (1) en 2008 auprès de conjoints ou partenaires accompagnateurs, « environ 25% de salariés auraient dans le passé refusé un poste à l’étranger (22%) ou mis fin à leur contrat (7%) à cause de préoccupations liées à l’emploi ou à la carrière de leur conjoint ». Et le rapport de préciser que ceci ne serait que la partie émergée de l’iceberg puisque lors de l’enquête n’ont été interrogés que des conjoints accompagnateurs alors en poste à l’étranger. 

L’emploi du conjoint accompagnateur est vous l’aurez compris un sujet qui me tient à cœur, car il est au centre de la problématique de l’expatriation. C’est la raison pour laquelle j’entame une série de billets sur ce thème. Quels sont les défis à relever, les pistes à explorer et les solutions à mettre en place. Vos commentaires, réflexions et témoignages seront les bienvenus ! A suivre ...

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation.

Credit Photo : Free Digital Photos

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