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lundi 21 mars 2016

Vidéo de présentation de mon atelier d'écriture à distance

Je vous en ai déjà parlé dans le cadre d'un précédent billet : je propose des ateliers d'écriture à distance adaptés aux femmes expatriées francophones et aux françaises de l'étranger. 

J'ouvre une nouvelle session qui commencera le 4 avril et se terminera le 27 juin, juste avant les grandes vacances d'été !

J'ai réalisé une vidéo pour vous présenter mon atelier : mode de fonctionnement, public, contenu, etc ... Vous saurez tout ! Et si vous souhaitez en savoir davantage, contactez-moi en m'envoyant un message.



Écrivons pour mieux vivre notre expatriation ou notre retour d'expatriation !

jeudi 11 février 2016

Un atelier d'écriture à distance adaptés aux expatriées et françaises de l'étranger

Atelier d'écriture avec Writer Forever - Véronique Martin-Place


L'expatriation renforce la créativité ! Cette nouvelle étape de vie permet aussi de se recentrer sur soi-même, ses besoins, ses envies. Pourquoi ne pas en profiter pour écrire, surtout si cette envie est en vous !


Lors de mon séjour aux Etats-Unis, j'ai décidé de privilégier l'une de mes envies : écrire. J'ai créé mon activité professionnelle nomade Writer Forever en 2009 et j'ai publié mon premier livre en 2012. 

Depuis 2013, je propose des formations à l'écriture à distance particulièrement adaptées aux expatriées, aux françaises de l'étranger mais aussi à celles qui sont de retour et qui voudraient profiter de cette période pour écrire sur leur expérience.

Depuis 2015, je propose un atelier d'écriture à distance pour les débutants. La prochaine session commencera le 29 février 2016. Pour en savoir plus sur cet atelier, je vous encourage à consulter l'article expliquant les objectifs, le mode de fonctionnement, le public ciblé, la durée et les modalités d'inscription. 


N'hésitez pas à me contacter en m'écrivant à veronique@writerforever.com pour plus d'information. 


Ecrivons pour mieux vivre notre expatriation ou notre retour d'expatriation. 

lundi 23 novembre 2015

Retour d’expatriation : les deux questions qui tuent !



Voilà 5 mois que je suis rentrée en France. Et pour être honnête, je suis heureuse d’être chez moi. Contrairement à certains expatriés qui vivent le retour en France comme une « punition », je me sens bien dans mes baskets en France. 

Les connaisseurs me diront que je suis encore dans la phase « lune de miel » du choc culturel inversé et ils ont sans doute raison. Il faut dire qu’il s’agit de ma seconde expérience en terme de retour. J’ai appris des erreurs commises lors de la première. Mes attentes sont réalistes et conformes aux chemins personnel et professionnel que je souhaite suivre.  De plus, je me suis réinstallée dans le même quartier que lors de notre dernier retour en France. Cela aide … logistiquement parlant.

La seule ombre au tableau vient sans doute des attentes que les autres ont parfois à mon égard. Par rapport à cela, j’ai noté une question que l’on me pose de manière récurrente : « tu vas chercher du travail ? »

Si la personne, qui me pose cette question, ne connait pas mon parcours et ne sait rien sur le milieu de l’expatriation, je ne lui en veux pas. Je résume rapidement la situation, j’explique quelle est mon activité professionnelle

En revanche, quand la question est posée par une personne qui sait, j’ai du mal à me contenir, car PUREE de PETITS POIS, je n’ai jamais cessé de travailler durant ces sept dernières années !!! Travailler pour soi, en son nom, indépendamment d’une entreprise, ça ne serait pas du travail ? 

J’ai parfois l’impression que ce qui sous-tend cette question, c’est : « c’est bien gentil ton activité, mais maintenant, il serait peut-être temps que tu te trouves un vrai boulot ». 
Rentrer en France, rentrer d’expatriation, voudrait dire, rentrer dans le rang ou plutôt dans le moule, celui du salariat. Le plus vite possible. Et pourtant, c’est souvent l’inverse qui se produit.

Mais le pire, au fond, ce sont ceux qui ne posent aucune question. Ceux qui font silence radio sur les aspects professionnels quand ils te voient. Ceux qui ne s’intéressent pas à ce que tu fais de tes journées parce qu’ils considèrent que cela n’a pas du beaucoup changé par rapport à ce que tu faisais à l’étranger, à savoir pas grand chose. En général, ce sont aussi ceux qui ne te posaient aucune question sur ce que tu faisais là-bas. L’indifférence perdure. Tu es rentrée. C’est bien. Et quand est-ce que tu repars ? C’est la question qu’ils te posent.

Et ça, c’est la deuxième question qui tue. 

A leurs yeux, tu es devenue celle qui n’est que de passage. Celle à qui, il ne faut pas trop consacrer de temps, car tu vas repartir, c’est fort probable.


Là, ça picote un peu au coin des yeux. Je crois que la phase « Lune de miel » est terminée. 

lundi 2 novembre 2015

Retour de blog


Quatre mois se sont écoulés depuis mon dernier billet. Quatre mois de silence. Quatre mois sans billets mais pas quatre mois sans écriture. Au contraire. J'ai écrit ailleurs avec un autre objectif, celui de terminer un roman. Objectif atteint. 

Et puis je dois le dire : j'avais aussi besoin d'une parenthèse, d'une accalmie par rapport au sujet de l'expatriation. Après sept ans à l'étranger (quatre aux Etats-Unis et trois en Chine, pour ceux qui n'aurait pas suivi), dont cinq ans de blogging sur la thématique, j'avais besoin d'une pause dans tous les sens du terme : ne plus la vivre, ne plus l'écrire et apprécier chaque instant du retour. Mission accomplie.

Alors ne vous étonnez pas : 

  • si j'écris moins ici, c'est parce que je le fais plus ailleurs.
  • si je blogue moins, ce n'est pas parce que mon retour se passe mal mais parce que je souhaite le vivre pleinement et pas forcément derrière un écran. 
Si je souhaite continuer à écrire sur ce blog tout en poursuivant mes autres projets rédactionnels,  il me faudra trouver un autre rythme, un nouveau souffle, un nouvel angle pour ce blog. Est-ce que j'y parviendrai ? Je n'en sais rien. Mais c'est un beau défi à relever !





lundi 20 juillet 2015

Chronique d'un retour d'expatriation en dessins

À l'occasion de mon retour en France, j'ai envie de partager avec vous les étapes de celui-ci d'une manière un peu différente. 


En effet, en plus de ce blog, je tiens des carnets quotidiens. J'en ai déjà parlé, me semble-t-il ... J'ai commencé à les tenir il y a bien longtemps. Au départ, il y avait beaucoup de textes, puis j'ai intégré des dessins et maintenant il n'y a presque plus que ça. Je vous laisse découvrir.

Le déménagement

Dire au revoir

Départ et arrivée en France

Préparation de notre installation  

Qu'en pensez-vous ? C'est ma manière d'archiver notre vie de famille nomadique.


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre retour d'expatriation.




mardi 14 juillet 2015

Derniers jours à Shanghai

J’écris ce billet alors que je suis de retour en France depuis deux semaines et cinq jours. Dans ce contexte de transition, j’ai eu du mal à trouver du temps pour écrire sur mon blog. J’en avais très envie, j’avais des idées mais j’avais du mal à passer à l’acte pour des raisons organisationnelles et émotionnelles. Je n’étais pas prête. Je me demandais aussi si ce que j’avais à dire rentrait dans le cadre de ce blog sur l’expatriation ? Je n’en étais pas sûre. Et puis, j’ai décidé que si, bien évidement, cela en faisait partie.

Alors voilà, aujourd’hui, j’ai décidé de faire un petit travelling arrière et de vous raconter l'un de mes derniers jours à Shanghai, une journée emblématique. D’une certaine manière, je reviens aux origines même du blog : un journal de bord au quotidien … ou presque !

Le 19 juin 2015 est une journée clef. Nous ne sommes qu’à une semaine du départ définitif mais le compte à rebours à commencer ce jour-là car c’est la dernière journée d’école de mes filles. Or l’école internationale britannique où elles sont allées ces deux dernières années a joué un rôle central dans notre organisation quotidienne, nos activités et au final notre bien-être familial.

Sans rentrer dans le détail du déroulement de cette journée, je dirais simplement qu’elle a été très émotionnelle. Car ce fut une journée de remise de prix, de discours, de chansons et de musique. Une journée remplie de joie, de rires mais aussi de larmes car il a fallu dire au revoir aux élèves, aux enseignants, aux entraîneurs, aux parents d’élèves, à toutes ces personnes que j’ai croisé chaque jour et qui ont rythmé sans le savoir les journées, les semaines, les mois de notre vie de famille en Chine. Bref, une journée d’au revoir que toutes les mamans expatriées et multi-expatriées redoutent mais vivent parce qu’ils le faut bien, parce que c’est une étape douloureuse mais nécessaire pour aborder avec sérénité la prochaine expatriation ou le retour au pays. 

Je n’avais jamais vécu une telle journée avec autant d’émotions contradictoires. Cette journée du 19 juin est à l’image de mon séjour en Chine : des hauts, des bas, des milieux. 

Cette journée est aussi une traduction parfaite de ce qu’est pour moi désormais l’expatriation : un mélange de sentiments ambivalents. Une sorte d’espace physique et temporel dont on ne sait pas ou plus si on l’apprécie ou pas, où se mélange l’inconfort et le plaisir. Un sentiment bizarre difficile à décrire, difficile à expliciter et donc à faire comprendre à son entourage le plus proche. 

En cette fin de journée, je suis épuisée, physiquement et mentalement et j’ai hâte d’être partie parce que je sais que les jours qui vont suivre seront à nouveau remplis de ce sentiment incertain et d’au revoir. Et je hais les au revoir, surtout quand ils s’éternisent.

Ce que je retiens de cette journée, c’est que même si un séjour à l’étranger n’est pas le meilleur qu’on ait vécu et que la mayonnaise n’a pas pris, il est quand même difficile de dire au revoir, de partir, de passer à autre chose … 

Et vous, avez-vous déjà vécu un départ ? Comment l’avez-vous vécu ? Faites-en part dans les commentaires.


Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation et notre retour d’expatriation.

lundi 25 mai 2015

Un nouveau départ, une nouvelle impatriation !

Attention, ceci est un billet d’humeur !

Cela fait déjà trois ans que nous vivons à Shanghai et un nouveau départ approche. Après quatre années aux Etats-Unis (Chicago) et trois ans en Chine (Shanghai), nous partons à nouveau pour de nouvelles aventures mais cette fois-ci nous rentrons au pays de la baguette, du béret et du fromage qui pue. Nous rentrons cet été chez nous ! À la maison ! En France ! 

Quand je l’annonce à d’autres expats leurs réactions est souvent la suivante :
- Vous partez ? Et où allez vous ?
- Nous rentrons en France. 
- En France ? Et vous êtes contente ? Ça ne va pas être trop dure ? Et vos filles, ça va les changer, non ? L’école française, ça va être un choc pour elles (1), vous ne croyez pas ? 

Bref, j’ai comme l’impression que le retour en France est souvent vue par les expatriés, ou du moins certains d’entre eux, comme la fin du monde, la fin d’une vie, bref une catastrophe totale, presque une punition. Et quand on lit des articles sur le sujet, c’est vrai que cela donne franchement envie d’aller se coucher. Ben, pas moi ! C’est sans doute là ma différence parce que pour être franche, je suis RA-VIE de retrouver mon pays, ses avantages et ses inconvénients.

Cette impatriation ou retour d’expat ne me fait pas peur, sans doute parce que c’est ma deuxième et que je sais plus ou moins à quoi m’attendre, que je m’y suis préparée, que j’ai un plan d’attaque et des projets plein la tête. C’est sans doute aussi pour cela que jusqu’à maintenant mes filles le vivent plutôt bien. 

Qu’on ne se méprenne pas sur mes propos. Je ne suis pas une superwoman de l’expat ni de son retour d’ailleurs. Je vivrai sans doute les mêmes difficultés que tous ceux et toutes celles qui rentrent de l’étranger après une belle expérience. Simplement, je suis dans un état d’esprit positif par rapport à ce retour. C’est sans doute cela qui fera la différence selon moi. 

Alors s’il vous plaît, arrêtez de me casser la baraque en me rappelant sans cesse que ça va être difficile et compliqué !

Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation … et bientôt notre impatriation !

(1) Scoop pour celles / ceux qui suivent ce blog : après un an au lycée français du coin, mes deux filles ont rejoint une école internationale anglophone. Je sais, je sais, je ne l’ai jamais mentionné sur ce blog. 

Crédit photo : Free Digital Photos


lundi 6 avril 2015

Qui fait quoi en expatriation ?

Qui fait quoi en expatriation ?

En cette période de préparation à une expatriation, à un retour d’expatriation ou à une transition vers un nouveau pays d’accueil (pour les multi-expats), il est l'heure de se poser la question suivante : qui fait quoi dans le couple expatrié ? 

J’ai essayé de poser les questions de la manière la plus anonyme possible. L’objectif est simplement de mettre en relief le rôle de chacun pour qu’au final, en fonction des situations, une certaine forme d’équilibre soit rétablie si nécessaire. À vous de jouer !

Déménagement de la France vers l’étranger, d’un pays étranger à l’autre, de retour d’expat
Qui prend contact par e-mail ou téléphone avec les sociétés de déménagement pour obtenir des devis ?
Qui reçoit une par une ces entreprises pour l’estimation du cubage ?
Qui réalise le suivi avec les entreprises de déménagement ?
Qui fait le tri entre ce qui doit être emmené, revendu, donné ?
Qui revend ou donne (avec tout ce que cela implique) ?
Qui le jour du déménagement est là de bout en bout ?
Qui le jour de l’emménagement est là de bout en bout ?

Recherche du logement en expatriation et retour d’expatriation
Qui réalise les recherches pour savoir où habiter à l’étranger ou de retour en France ?
Qui recherche concrètement le logement une fois sur place à l’étranger ?
Qui prend contact avec des personnes localement pour obtenir des infos et avoir un ressenti afin de prendre les meilleures décisions ?

Recherche d’école
Qui fait la recherche / sélection des écoles à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui prépare les dossiers d’inscription dans de nouvelleS écoleS à l’étranger (expatriation) ou en France (retour d’expat) ?
Qui fait  en conséquence le suivi téléphonique et par e-mail pour que tous les documents et renseignements arrivent à bon port et que l’inscription se finalise ?
Qui réalise les visites des écoles pendant un séjour en France un an ou six mois avant le retour dans le cas d’un retour d’expat ?
Qui prend les RDV en amont pour ces visites ?
Qui fait les recherches en cas de changement d’école pendant le séjour à l’étranger (oui, ça arrive) ?

Suivi scolaire au quotidien à l’étranger
Qui à l’étranger assure le relationnel avec l’école d’un point de vue administratif, souvent dans une langue étrangère ?
Qui va aux réunions parents-prof autrement dit assure le suivi académique, souvent dans une langue étrangère ?
Qui explique et vérifie les devoirs au quotidien (dans une langue étrangère si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui fait les cours de français du CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance, le week-end et pendant les vacances scolaires (si votre enfant est dans une école locale ou internationale) ?
Qui réalise le suivi et la gestion administrative avec le CNED ou tout autre organisme d’enseignement du français à distance ?
Qui emmène les enfants à l’école, aux entraînements du soir et du week-end, aux playdates et aux anniversaires ?

Vie quotidienne
Qui apprend la langue étrangère du pays d’accueil ? 
Qui explore le quartier et la ville pour trouver les meilleures adresses dans tous les domaines de la vie quotidienne ?
Qui fait les courses dans trois voire quatre supermarchés différents pour réussir à faire des menus équilibrés et maintenir une routine alimentaire à la française ?
Qui paient les factures d’électricité, d’eau, de téléphone dans une langue étrangère ?
Qui assure le relationnel et le suivi administratif avec le propriétaire du logement à l’étranger dans une langue étrangère ?
Qui enquête pour trouver le meilleur médecin, dentiste, orthodontiste, hôpital à l’étranger ?
Qui gère le suivi médical et dentaire des enfants à l’étranger (donc dans une langue étrangère) ?
Qui assure le suivi administratif avec son assurance médicale privée et/ou sa mutuelle compte tenu du décalage horaire ?
Qui gère les comptes ?
Qui paie les impôts et autres taxes en France et/ou à l’étranger ?
Qui assure le suivi administratif de votre logement en France si vous ne l’avez pas vendu avant votre départ ?

Vie sociale et familiale
Qui entretien les relations familiales et amicales à distance par Skype, FaceTime, e-mail, newsletter, blog et compagnie ?
Qui crée un nouveau réseau social et amical à chaque expatriation ?
Qui organise les fêtes d’anniversaire des enfants, les fêtes d’au revoir, les playdates pour qu’ils se fassent des amis ?
Qui achètent sur place (donc à l’étranger) les cadeaux de noël et d’anniversaire de la part de toute la famille restée en France ? 
Qui achètent les cadeaux pour la famille en France (noël et anniversaires) et les envoient depuis l’étranger ?
Qui organise les vacances et les voyages en France et à l’étranger ?

Emploi
Qui travaille à plein temps ?
Qui est le salarié expatrié ?
Qui cherche du travail ?
Qui n’a pas le droit de travailler ?

D’autres questions vous viennent à l’esprit ? Rajoutez-les en commentaire.

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation. 

lundi 1 décembre 2014

Interview avec Virginie Jocteur, fondatrice d'Optimexpat

Virginie Jocteur, fondatrice d'OptimExpat
Virginie Jocteur

Je reprends aujourd’hui mes interviews d’expat entrepreneur. Vous avez sans doute remarqué qu’ils sont beaucoup moins réguliers qu’auparavant. La raison principale est que je souhaite privilégier des parcours d’expat de qualité en fonction des demandes qui me sont faites mais aussi et surtout en fonction de mes envies et de mon souhait de montrer la diversité des expériences possibles. 


Dans le cadre de ces entretiens, je vous propose de rencontrer une femme expatriée, un expat auto-entrepreneur,  et très souvent les deux en même temps afin de mieux comprendre la vie au quotidien en expatriation et au retour de celle-ci (impatriation). Ces interviews démontrent que l’on peut être une conjointe d’expatrié, se réaliser professionnellement et avancer dans sa vie active. 


Ce mois-ci, j’ai rencontré Virginie Jocteur, fondatrice d'Optimexpat, qui propose des services d’accompagnement professionnel aux conjoints d’expatriés.

Expat Forever : D’où êtes-vous originaire ?
Viginie Jocteur : Je suis originaire de Normandie, mais j’ai beaucoup déménagé en France avant de me stabiliser dans le Nord.

EF : Où vivez-vous actuellement et depuis combien de temps ? 
VJ : Suite à notre expatriation, je suis rentrée dans la région Lilloise en juillet 2013. Dans cette région,  j’ai retrouvé mes contacts et ma famille avec un grand plaisir.

EF : Pouvez-vous retracer brièvement votre parcours d’expatriée?
VJ : J’ai suivi mon conjoint à l’été 2010 pour une expatriation en Roumanie. Nous avons vécu à Bucarest avec nos enfants pendant trois belles années. Notre choix a été de revenir à la fin de la mission plutôt que de la prolonger comme cela nous a été proposé. Cela n’a pas été facile de prendre cette décision, mais nous ne la regrettons pas.

EF : Dans quel état d’esprit êtes-vous partie en Roumanie et avec quels objectifs ?
VJ : J’étais un peu inquiète, car je quittais mon emploi pour devenir « femme au foyer ». J’avais jusque-là toujours travaillé et j’aimais cela ! Mais, j’étais également motivée par cette aventure qui ouvrait selon moi, le champ des possibles et bousculait nos habitudes.
J’ai décidé de prendre des cours de langue roumaine, bien que l’anglais soit très parlé à Bucarest, pour mieux comprendre ce pays et sa culture, à défaut de vraiment m’y intégrer à long terme.

EF : Quelles difficultés avez-vous rencontré lors de votre installation en Roumanie ?
VJ : Me retrouver face à moi-même. La fameuse courbe de l’expatriation… passée la phase de découverte un peu joyeuse, la perte des repères liés à mon activité professionnelle d’avant a été un peu difficile. 
Jusqu’à ce que je trouve les ressources en moi, et que je réalise la chance d’avoir du TEMPS ! J’ai compris que le vrai luxe pour moi, était d’avoir enfin la possibilité de respirer et de penser à mon présent… et mon avenir. J’ai alors décidé de construire mon parcours et de profiter de ce temps qui ne m’était pas accessible auparavant.

EF : Souhaitiez-vous travailler en Roumanie ?
VJ : En arrivant j’y ai pensé, puis, j’ai renoncé. Peut-être par peur de ne pas être à la hauteur… ou par envie de vivre autre chose pendant cette période de vie.

EF : Vous avez créé en 2014 un projet professionnel nomade qui s’appelle Optimexpat. Comment et pourquoi avez-vous été amenée à développer un tel projet ?
VJ : En revenant d’expatriation, j’avais en poche un diplôme Master 2 en Management des Organisations obtenu en juin 2013. Cette formation en e-learning suivie à partir de la Roumanie, m’a permis de faire un stage de six mois en ONG locale. 
Travailler en milieu interculturel et reprendre mes études, m’a aidé à me réaliser et à me dépasser.
Quand j’ai souhaité postuler aux offres d’emploi en France, mon CV était en phase et la période d’expatriation n’y faisait pas un trou de 3 années.
Mais… une idée a germé… j’avais envie (ou besoin), de créer ma propre société. Mon expérience professionnelle de 12 ans en accompagnement professionnel (orientation, recherche d’emploi…), et mon expérience de l’expatriation m’ont alors inspiré ce projet qui est devenu une évidence : proposer des services d’accompagnement professionnel pour les conjoints d’expatriés, qui soient accessibles à distance.
Il y a un vrai besoin dans ce domaine, sachant que la majorité des conjoints quittent un emploi pour aller vivre à l’étranger, et que cela créé des ruptures voire des changements profonds de parcours.

OptimExpat - L'accompagnement au-delà des frontières

EF : Quels genres de services proposez-vous et à qui s’adressent-ils ? 
VJ : Les services que je propose s’adressent aux conjoints d’expatriés qui souhaitent être aidés, pendant ou après l’expatriation, dans leur réflexion sur leur projet professionnel ou sur leurs démarches de recherche d’emploi.
L’accompagnement se fait par rendez-vous fréquents sur skype, et également par les échanges de documents partagés, mails, téléphone… la technologie permet d’effacer la distance, et d’être toujours suffisamment en proximité pour faire du sur-mesure.
Ma démarche concerne les expatriés qui ont besoin de clarifier leurs projets, grâce à un bilan de compétences. Pour cela, je m’appuie notamment sur l’utilisation du logiciel de bilan Transférence, qui a été développé par l’Université de Laval au Québec, et est utilisé par de nombreux centres de formation et cabinets conseils en France.
Elle concerne également les personnes qui vont revenir en France d’ici quelques mois et qui souhaitent anticiper leur retour en préparant leurs outils et méthodes de recherche d’emploi, en fonction du métier et du lieu du retour, préparer les entretiens futurs et surtout valoriser les compétences acquises durant l’expatriation.
J’accompagne aussi les personnes revenues d’expatriation, qui souhaitent être aidées dans la définition d’un projet et dans leur recherche d’emploi. Actuellement, j’accompagne des personnes qui sont revenues en province et ne trouvent pas forcément d’interlocuteur adapté dans leur région. Savoir valoriser la période de vie à l’étranger et aider les personnes à bien se positionner et se valoriser, font partie des atouts des outils que j’ai développé. 

Mes objectifs sont :
  • de permettre aux conjoints d’expatriés de faire des choix de métiers qui les motivent, être plus sûrs d’eux et plus performants dans leurs démarches.
  • de faire évoluer les pratiques de mobilité internationale des entreprises, en améliorant la prise en compte des conjoints.

Les financements de ces services peuvent se faire par les entreprises qui expatrient les familles (dans le cadre des packages conjoints), et également à titre personnel par les particuliers.

EF : D’un point de vue personnel mais aussi professionnel, quels avantages trouvez-vous dans la réalisation d’un tel projet ?
VJ : D’un point de vue personnel, m’investir dans cette activité me donne la possibilité de développer un projet qui est une rencontre entre mon expérience professionnelle et personnelle. Je comprends  les besoins et problématiques rencontrées par les personnes que j’accompagne, et leur propose des solutions professionnelles adaptées. Aider mes clientes à faire émerger des projets qui leur tiennent à cœur, à reprendre confiance et à retrouver un emploi est très motivant et épanouissant. 
Professionnellement, j’ai énormément appris de cette création d’entreprise. Il y a une vraie nécessité à être polyvalent et capable de décisions. J’ai ainsi développé des compétences dans des domaines très variés tels que la communication, le commercial, la gestion… j’ai aussi appris à organiser mon travail sans avoir de cadres fixes tels que des horaires de bureau.

EF: Que conseillerez-vous à d’autres femmes qui s’apprêtent à suivre leur conjoint à l’étranger pour la première fois ?
VJ : Chaque situation est différente, mais le premier conseil que je donnerai à quelqu’un qui s’apprête à partir, c’est de communiquer avec son conjoint. C’est important que cette expatriation soit bien un choix des deux époux, elle implique des tels changements que le dialogue et la compréhension sont primordiales, pour que chacun s’épanouisse et trouve sa place.
Le second conseil, serait de préparer l’expatriation afin de ne pas être trop atteinte par le fameux choc culturel une fois sur place. Quant au retour en France, je conseille aussi de l’anticiper.

EF: Quels conseils donneriez-vous à d’autres conjoints accompagnateurs souhaitant développer ou poursuivre une activité professionnelle nomade ?
VJ : Avoir une activité nomade signifie bien souvent développer son propre business, qui nous suit partout où l’on va. Je leur conseille de se faire accompagner dans cette démarche, car seul on peut vite être dépassé. Du contact et du dialogue avec d’autres professionnels, naissent bien souvent de bonnes idées et les bons conseils.
Il faut aussi se sentir capable de travailler seul. Rares sont les activités nomades qui permettent d’avoir des collègues.

EF : Vous avez créé votre entreprise à votre retour en France. Aujourd’hui, compte tenu de votre expérience, seriez-vous prête à repartir à l’étranger si l’occasion se présentait  à nouveau ?
VJ : Pour le moment notre choix de revenir en France nous convient. L’expatriation nous a nourris et changés, nous ne vivons plus les choses de la même façon qu’avant. Je crois que cela nous a permis de relativiser les tracas quotidiens et donné envie de redécouvrir notre pays et notre culture avec ce regard neuf. Mais, à terme, si une opportunité de vivre à l’étranger se présente nous serons contents de repartir à l’aventure.

Merci Virginie et bonne continuation. 

Vous pouvez aussi suivre Virginie sur la page Facebook Pro d'Optimexpat


Partageons nos expériences pour mieux vivre notre expatriation. 

lundi 31 mars 2014

Retour d'expatriation : Qu’est-ce que le choc culturel inversé ?

Retour d'expatriation - le choc culturel inversé 

Le choc cultuel inversé est le choc culturel que l’on traverse lorsque l’on retourne vivre dans son pays d’origine. 

Concrètement, c’est lorsque vous visitez des endroits qui devraient vous être familier mais ne le sont plus, lorsque vous interagissez avec des personnes de votre entourage avec qui vous devriez vous sentir à l’aise mais vous ne l’êtes pas ou encore lorsque vous faites face à des situations que vous pourriez résoudre facilement et simplement mais vous ne le pouvez pas. Autant de situations inconfortables et frustrantes car l’on pense que l’on ne devrait pas les vivre puisqu’on est « à la maison » !

Points communs et différences entre le choc culturel et le choc du retour d'expatriation

Lors d’une impatriation, vous allez revivre exactement les mêmes émotions ambivalentes que lorsque vous êtes arrivés dans votre pays d’expat, sauf que cette fois-ci tout se passe dans votre propre pays. En résumé, vous vous sentez étranger chez vous. Une situation parfois très déstabilisante surtout quand on pense que parce que l’on rentre chez soi, on va forcément se sentir comme un poisson dans l’eau. La chute peut être rude. 

Pour vous rassurer, sachez qu’il existe des points communs entre le choc culturel en expatriation et le choc du retour en France (ou votre pays d’origine). Vous avez déjà vécu le premier, alors préparez-vous à le revivre mais dans un contexte qui cette fois vous sera a priori connu. Les points communs sont les suivants :
  • Il s’agit d’une période d’ajustement et de transition. Gardez donc à l’esprit que vos aléas émotionnels sont temporaires.
  • Il s’agit d’un processus naturel : personne n’y échappe. Ce que vous vivez est donc normal !
  • Il s’agit d’un processus individuel : chaque personne le vivra de manière différente en fonction de son histoire personnelle. 

La principale différence du choc du retour avec le choc culturel vécu lors de l’expatriation est que cette période d’ajustement a tendance à durer souvent plus longtemps - surtout si le retour est définitif - que le choc culturel classique. 

Le choc du retour à un cycle qui lui est propre et on doit passer par différentes étapes pour le dépasser. 

Les phases du choc culturel du retour

Elles sont identiques à celles vécus lors du choc culturel en expatriation :
  • La lune de miel : on redécouvre son pays avec plaisir. Profitez-en, en général, c’est court !
  • La crise, c’est le choc du retour ou choc culturel inversé en tant que tel : cette étape démarre en général classiquement lorsque tous les cartons sont vides, que le conjoint a repris le chemin du bureau et les enfants celui de l’école. On est confronté d’une part à de grand moments de solitudes et de réflexion et d’autre part à des situations d’ordre pratiques que l’on doit résoudre seule. Cette période se caractérise par un moral en dent de scie : d’un côté, on regrette cette vie d’avant, qui sur le moment ne nous satisfaisait pas toujours complètement, de l’autre on est insatisfaite de la situation actuelle. 
  • La période d’ajustement : le début de cette période varie selon les personnes et les situations de retour. Mais le déclic a souvent lieu quand on commence à se sentir à nouveau connecté à son environnement, à sa communauté, lorsque l’on a retrouvé du travail.
  • Puis vient enfin la période d'adaptation : on retrouve un niveau de bien-être normal. 


L’intensité du choc du retour


L’amplitude du choc du retour sera plus ou moins importante en fonction d’un certain nombre de facteurs.
  • Retour permanent ou temporaire : votre état d’esprit ne sera pas le même si vous savez que vous allez repartir (même si c’est dans deux ou trois ans) ou si au contraire vous savez d’ores et déjà qu’il s’agit d’un retour définitif. 
  • Si vous vous êtes particulièrement bien intégré dans la culture locale du pays d’accueil, la tendance serait la suivante : plus l’intégration a été un succès, plus le retour serait difficile.
  • La durée de votre séjour à l’étranger : plus vous êtes resté longtemps en expatriation, plus le retour serait difficile. Pendant votre absence, votre pays et votre entourage (famille, amis) auront changé. Vous ne vous y attendez pas forcément et vous n’y êtes pas non plus forcément préparé. 
  • Les attentes de votre famille : à votre retour, on vous attend de pied ferme et on s’attend à ce que vous et vos enfants passiez du temps avec la famille élargie. Or en expat, on a souvent pris l’habitude, par la force des choses, de vivre de manière rapprochée avec son mari et ses enfants. Il peut y avoir des décalages de ce côté-là. La situation inverse est aussi tout à fait possible. Votre famille et vos amis ont appris à vivre sans vous … et ils ne vous attendent pas forcement à bras ouverts. 
  • Ce sont aussi vos propres attentes, notamment par rapport à votre retour à l’emploi, qui peuvent rendre le retour difficile. Ne soyez pas trop exigeante envers vous-même. Soyez réaliste en la matière et tout ira mieux. 


Et vous, comment avez-vous vécu votre retour d’expatriation ? Comment avez-vous traversé puis dépassé le choc culturel inversé ? Faites part de vos témoignages dans les commentaires. 

Partageons notre expérience pour mieux vivre notre expatriation et/ou retour d’expatriation. 

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